Belloubet exhorte à «lever le doute délétère» sur l'indépendance de la justice dans l’affaire Fillon

Comme l’a indiqué au JDD la garde des Sceaux, les propos de l’ex-procureure financière sur les «pressions» subies dans cette affaire avaient «distillé le doute sur l’indépendance et l’impartialité de la justice».
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Il faut «lever le doute délétère» pour la justice, né après les propos de l'ex-cheffe du parquet national financier disant avoir subi des «pressions» lors de l'enquête sur l'affaire Fillon, estime la ministre de la Justice Nicole Belloubet dans le Journal du Dimanche.

«Les propos de l'ancienne procureure financière ont, à tort ou à raison, distillé le doute sur l'indépendance et l'impartialité de la justice dans la conduite de cette affaire», souligne la garde des Sceaux.

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L'ex-procureure nationale financier Eliane Houlette, à la retraite depuis un an, s'est émue le 10 juin devant une commission parlementaire du «contrôle très étroit» qu'aurait exercé le parquet général, son autorité de tutelle directe, dans la conduite des investigations lancées en pleine campagne présidentielle de 2017.

Vendredi 19 juin, elle a précisé que les pressions mentionnées ne portaient «pas sur les faits reprochés à M. Fillon ni sur le bien-fondé des poursuites», mais «étaient d'ordre purement procédural». «M. Fillon n'a pas été mis en examen à la demande ou sous la pression du pouvoir exécutif», a-t-elle insisté, citée par l'AFP.

Mais ses premières déclarations ont déclenché une avalanche de réactions de politiques critiquant une instrumentalisation de la justice dans cette affaire ultra-sensible.

«Il est essentiel de lever ce doute délétère pour l'institution judiciaire», juge Nicole Belloubet dans le JDD.

Emmanuel Macron a saisi pour avis le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour «vérifier que le parquet national financier a bien mené en «toute sérénité, sans pression» de l'exécutif son enquête sur les époux Fillon.

Déclarations d’Éliane Houlette: aveux de l’«instrumentalisation de la justice» contre Fillon?
«Le CSM est, aux termes de la Constitution, l'organe qui assiste le Président de la République pour garantir l'indépendance de la justice», relève la ministre. «Il pourra apprécier si le pouvoir hiérarchique de la procureure générale de Paris, qui résulte de l'organisation de notre “parquet à la française” et n'est pas contestable en soi, a été exercé dans des conditions de nature à porter atteinte à l'indépendance de la justice», explique-t-elle.

Le CSM pourra «entendre l'ensemble des protagonistes», souligne Nicole Belloubet, qui n'exclut pas de diligenter une inspection judiciaire, si le Conseil «l'estime nécessaire».

Interrogée sur l'indépendance du parquet, Nicole Belloubet redit être «favorable» à ce que les magistrats du parquet soient nommés sur avis conforme du CSM, comme les juges. Emmanuel Macron avait annoncé une réforme en ce sens, mais celle-ci a été repoussée sine die.

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