L’ambassade russe à Prague signale des menaces à l’encontre d’un diplomate

L'ambassade de Russie à Prague a déclaré qu’un de ses diplomates avait reçu des menaces suite à une campagne d'intimidation dans les médias tchèques, avant d’appeler les autorités tchèques à protéger le diplomate.
Sputnik

Un diplomate russe qui fait l’objet «d’une campagne de diffamation» dans les médias tchèques, a reçu des menaces, a annoncé lundi 11 mai l’ambassade russe à Prague.

«Des menaces commencent à peser contre un diplomate russe en raison de la campagne de diffamation lancée contre lui par les médias tchèques. L’ambassade est obligée de s’adresser à la partie tchèque pour qu’elle organise la protection policière du membre de la mission diplomatique», a indiqué l’ambassade dans un communiqué sur Facebook.

L'ambassade a annoncé avoir demandé au ministère tchèque des Affaires étrangères de prendre les mesures appropriées «pour empêcher toute atteinte à la personnalité, à la liberté et à la dignité de son employé conformément à l’article 29 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961».

Scandale médiatique autour d’un diplomate russe

Un média en ligne tchèque établi à Prague, Seznam, a déclaré dimanche 10 mai qu’un certain Andreï Viktorovich K., que le média présente comme le chef d’une agence fédérale russe en poste dans la capitale tchèque et ayant le statut diplomatique, aurait apporté de la ricine, un poison mortel, sur le sol tchèque début avril.

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Selon Seznam, trois hommes politiques tchèques sont sous protection policière en raison de l’arrivée de ce diplomate russe. Il s’agit des responsables ayant décidé de rebaptiser la place devant l'ambassade russe en l'honneur de Boris Nemtsov, célèbre opposant au Kremlin assassiné il y a 5 ans; d’ériger un monument en l'hommage aux soldats de l'armée de Vlassov et de démolir la statue du maréchal soviétique Ivan Konev à Prague.

La télévision tchèque a plus tard affirmé que le diplomate russe qui serait impliqué dans l’affaire de la ricine était le chef par intérim de la représentation de l’agence Rossotroudnichestvo, Andreï Konchakov.

La directrice de Rossotroudnichestvo, Eleanora Mitrofanova, a qualifié ces reportages de «provocations pure». Selon elle, ces accusations visent à renforcer la réaction négative à la situation autour de la démolition du monument au maréchal Konev.

L'ambassade de Russie a déjà démenti les déclarations selon lesquelles M.Kontchakov aurait apporté du poison à Prague. Le porte-parole du Président russe, Dmitri Peskov, a déclaré que les informations diffusées par les médias tchèques étaient fausses alors que le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a fait remarquer que personne n’avait fourni de preuves à l’appui de ces allégations.

Démantèlement du monument au maréchal Konev

Début avril, les autorités du quartier de Prague-6 ont fait déboulonner une statue érigée en l’honneur du maréchal soviétique Ivan Konev, qui avait libéré la ville des nazis en mai 1945.

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Le monument avait été dressé en mai 1980 grâce aux fonds collectés par les habitants de Prague reconnaissants au maréchal qui avait réussi à préserver l’apparence de la ville en ordonnant de ne pas utiliser d'artillerie lourde pendant l'assaut.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a qualifié la démolition du monument de «scandaleuse et cynique». Le Président tchèque, Milos Zeman, a estimé que le démantèlement du monument était un acte stupide initié par des politiciens tchèques insignifiants.

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