Probablement plusieurs patients zéro de l’épidémie de Covid-19 en France

Des chercheurs de l’Institut Pasteur qui ont tenté de remonter aux origines du coronavirus déclarent que ce dernier circulait avant qu'il ne soit officiellement connu et reconnu.
Sputnik

Une analyse phylogénétique, cette branche de la science qui étudie les modifications génétiques au sein des espèces, sur 97 génomes de patients échantillonnés entre le 24 janvier et le 24 mars 2020 en France, a révélé plusieurs introductions initiales du SARS-CoV-2 sans transmission locale, selon une étude sur le coronavirus en France partagée par l’Institut Pasteur. Les experts tentent de remonter jusqu’à la première mutation du virus pour comprendre la transition entre l’ancêtre de celui-ci et l’apparition du SARS-CoV-2.

«Ce travail fournit des indices sur l’origine de l’épidémie en France et souligne les challenges pour contenir la diffusion d’un virus lorsqu’une proportion des cas sont asymptomatiques», indique l’Institut.

Ainsi, l’étude constate que la diversité génétique du virus est faible et que «la propagation du virus en France est associée à des cas asymptomatiques». En outre, ces données révèlent la circulation prédominante de virus d'un même clade dans de nombreuses régions françaises. La séquence la plus précoce de ce clade, du 19 février 2020, correspond à un cas sans historique de voyage, ce qui implique «une circulation locale silencieuse du virus avant la vague de cas de Covid-19», note le communiqué.

«Aujourd'hui, il est important de séquencer de nouvelles souches dans différentes régions, afin de mieux comprendre le déplacement du virus en France», a souligné Étienne Simon-Lorière, l’un des auteurs de l’étude, responsable de l’unité Génomique évolutive des virus à ARN à l’Institut Pasteur.

Le premier cas d’une infection en France datait jusqu’ici du 24 janvier.

À la recherche du patient zéro

Ce patient français infecté dès décembre par le coronavirus livre ses symptômes
C’est le 9 janvier 2020 que l’existence d’un nouveau coronavirus a été officiellement annoncée par les autorités sanitaires chinoises et l'OMS.

Le chef du service réanimation des hôpitaux Avicenne à Bobigny et Jean-Verdier à Bondy, en Seine-Saint-Denis, Yves Cohen, a affirmé ce 3 mai sur le plateau de BFM TV qu’un patient était contaminé par le coronavirus dès le 27 décembre 2019, soit environ un mois avant les trois premiers cas recensés officiellement par la France.

Le New York Times avait également révélé fin avril que les premiers décès américains officiellement attribués au virus étaient survenus le 26 février, alors qu’une autopsie a montré que la mort d’un autre patient, le 6 février, était elle aussi liée à l’épidémie.

Discuter