À moins de deux semaines du début du déconfinement, les six chefs des sociétés de transports les plus importantes du pays ont fait part de leurs craintes de «tensions sociales» et de «troubles à l’ordre public» dans une lettre adressée à Édouard Philippe consultée par Le Point. Ils signalent ainsi l’impossibilité pour eux de mettre en œuvre les règles sanitaires imposées par le gouvernement.
Condition nécessaire
Selon eux, cette obligation «ne saurait être respectée dans une très forte limitation du flux, la capacité d’emport des véhicules (bus et trains) devant être alors limitée au maximum à 10 et à 20 % de leurs capacités», indiquent Jean-Pierre Farandou (SNCF), Catherine Guillouard (RATP), ainsi que Patrick Jeantet (Keolis) et Édouard Hénaut (Transdev).
Ils ont également prévenu du «risque très élevé de troubles à l'ordre public qui conduira nécessairement à l'arrêt des transports publics», ainsi que des «tensions sociales de la part du personnel» en cas d’affluence des passagers.
Les forces de l’ordre sollicitées
Le 11 mai, il ne sera possible que de limiter l’arrivée des voyageurs pour assurer le contrôle. Cependant, les PDG affirment que même cette mesure ne pourra être respectée par les seuls moyens des transporteurs, et sollicitent l’apport des forces de l’ordre «nationales et municipales», lequel «sera une condition indispensable à la régulation de ces flux».
Ajoutant que les mesures «doivent être appropriées au réseau de transport auquel elles s’appliquent», les opérateurs annoncent qu’il «est de [leur] responsabilité de vous informer qu'elles ne pourront être mises en œuvre et conduiront à la suspension de l'exploitation».
Auparavant, les responsables syndicaux avaient déjà averti du risque de ne pas pouvoir faire respecter la distanciation sociale parmi les agents en cas d’afflux de voyageurs dans les transports de la RATP dont l’activité sera reprise à 70% à partir du 11 mai.