Pour Bernard-Henri Lévy, un virus «c'est con, c'est bête, ça n'envoie pas de message»

Le philosophe français Bernard-Henri Lévy s'en est pris mercredi 15 avril à ceux qui «instrumentalisent le virus» et «lui donnent un sens», affirmant que «les démocraties ne devraient pas renoncer à leurs principes».
Sputnik

«Un virus c’est con. Un virus, c’est bête. Un virus ça n’envoie pas de message»: le philosophe français Bernard-Henri Lévy a dénoncé mercredi tous ceux qui s’emparent du coronavirus «pour faire avancer une cause», dans une déclaration à l’AFP.

«Une des choses qui me paraît aujourd’hui extrêmement inquiétante, ce sont tous les gens de quelque bord qu’ils viennent, qui instrumentalisent le virus. Qui lui donnent un sens», a-t-il dit depuis Paris, où il est confiné.

«Virus ou pas virus, les démocraties ne doivent pas renoncer à leur principes. Viktor Orban (Premier ministre), en Hongrie, qui s’empare de ce virus pour imposer ses projets de réduction des droits civiques, c’est dégueulasse», estime-t-il.

«Vous avez ceux qui vous disent que le virus est une revanche de la nature dont il faut tenir compte en adoptant des règles de conduite vis-à-vis de la planète plus raisonnables. D’une certaine manière ce n’est pas beaucoup mieux (...). C’est comme si le virus était venu pour nous annoncer un message», poursuit-il.

«Non, le virus, ce n’est pas un message»

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«D’un côté il y a des conspirationnistes élémentaires, schématiques, les crétins, qui disent que le virus a été fabriqué dans un laboratoire. Mais vous avez des conspirationnistes sophistiqués, qui vous disent que le virus a une intention. À ces gens, il est très important de dire: "Non, le virus, ce n’est pas un message. Il n’a pas d’intelligence. Il est aveugle"», explique-t-il.

«Je me méfie donc de ceux qui s’en servent, comme les régimes autoritaires, de ceux qui s’en servent pour détecter un main invisible, une puissance ou un bouc émissaire, de ceux qui s’en servent pour dire qu’une autre main invisible, par exemple celle de la nature, celle du refus de la globalisation, est à l’oeuvre quand apparaît le virus», conclut l’auteur de «La Barbarie à visage humain».

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