Le corps soignant mis en avant en Algérie obtient de nouveaux droits en pleine épidémie

En guise de gratitude envers le corps médical pour ses sacrifices dans la lutte contre le Covid-19, le Président algérien a décidé de comptabiliser concernant la retraite chaque deux mois travaillés comme une année d’ancienneté. Il a aussi supprimé le service national et doublé le salaire des médecins travaillant dans le Sud.
Sputnik

En pleine crise sanitaire liée à l’épidémie du coronavirus, Abdelmadjid Tebboune prend plusieurs mesures pour améliorer les conditions du corps médical qui a enregistré près d’une dizaine de décès dans ses rangs dans la lutte contre le Covid-19. En effet, en plus de la prime de danger déjà instaurée, le calcul de la retraite et le service national des médecins travaillant dans le Sud du pays vont être révisés.

L’État algérien est disponible pour «aller le plus loin possible dans la prise en charge des préoccupations des corps médical et paramédical, dans la mesure des moyens financiers et des lois de la République», a affirmé le Président devant la presse nationale.

La retraite à l’aune du Covid-19

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Lors d’une réunion tenue lundi 13 avril avec les membres de la commission de suivi de l'évolution de l’épidémie du coronavirus au ministère de la Santé, le chef de l’État a souligné devant les médias que «l'ensemble des praticiens de la santé ayant travaillé deux mois dans la lutte contre le coronavirus bénéficieront d'une année d'ancienneté dans le calcul de l'âge de départ en retraite».

Et de préciser que «chaque deux mois passés par tout médecin ou infirmier dans la lutte contre le coronavirus équivaudront à une année de travail lors du calcul de l'âge de départ en retraite» et ce dès la fin de la crise.

Le service national et le salaire au Sud

Lors de la même réunion, le Président Tebboune a annoncé son intention de supprimer le service national pour les médecins qui ont choisi d’exercer leur métier dans les villes du Sud du pays.

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Par ailleurs, il a annoncé que le salaire des médecins qui font le choix d’aller travailler dans les régions du Sud sera doublé par rapport ceux de leurs confrères dans les régions du Nord.

Le Président de la République algérienne a également fait part de la création prochaine d’une agence nationale de la sécurité sanitaire qui aura pour mission la restructuration totale du secteur de la santé.

Depuis le début de la crise du Covid-19 en Algérie, huit médecins sont morts dans différents hôpitaux du pays, a affirmé Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP) dans un entretien accordé au site Tout Sur l’Algérie (TSA).

Le ministre de la Santé rassure

Lors de son passage mardi 14 avril sur les ondes de la Chaine3 de la Radio nationale, le ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid a déclaré que «présentement, nous ne sommes pas dans la situation que nous avons connue au début de l’épidémie, et nous nous améliorons toujours».

«Nous avons moins de 100 personnes sous respirateur alors que nous disposons de milliers de respirateurs. Nos hôpitaux ne sont pas surchargés», a-t-il ajouté.

Concernant le traitement de la maladie par l’hydroxychloroquine, le ministre a souligné que «nous avons adopté un protocole thérapeutique qui fait que les malades sont traités et ils sortent au bout de 10 à 12 jours».

«Au sein du conseil scientifique, nous sommes optimistes grâce à la chloroquine et au confinement», a-t-il assuré. Et de conclure: «Je constate que la population a pris la mesure du risque et cette stabilité constatée est en grande partie liée à la prise de conscience de la population».

Le bilan actualisé

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Mardi 14 avril à Alger, le Pr Djamel Fourar, directeur de la prévention et de la lutte contre les maladies transmissibles au ministère de la Santé, a mis en avant une nette augmentation du nombre de patients guéris: de 405 le 8 avril, on est passé à 691 le 14. Néanmoins, il a déploré 329 décès.

Par ailleurs, 199 patients sont en soins intensifs, soit 16% du taux d'occupation des lits de réanimation disponibles dans le pays.

Enfin, 2.890 patients, dont 1.644 ont été diagnostiqués grâce au scanner thoracique, sont actuellement traités à la chloroquine dans les différents hôpitaux du pays.

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