Les migrants illégaux en centre de rétention en France pourraient être libérés à cause du Covid-19

Dans les centres de rétention administrative, des centaines d’étrangers attendent encore leur libération. L’Observatoire de l’enfermement des étrangers exige leur libération immédiate pour des raisons juridiques et sanitaires. Cependant, cela pose certains problèmes en raison de la crise sanitaire mondiale provoquée par le Covid-19.
Sputnik

L’Observatoire de l’enfermement des étrangers (OEE) appelle à libérer immédiatement les personnes placées dans les Centres de rétention administrative (CRA), Locaux de rétention administrative (LRA), Zones d’attente (ZA) et autres lieux privatifs de liberté, indique le communiqué de presse publié le 18 mars sur son site officiel.

«Leur libération immédiate est une exigence absolue, tant juridique que sanitaire», annonce la note.

Selon l’Observatoire, les personnes auxquelles il est seulement reproché de ne pas justifier de la régularité de leur entrée ou séjour en France ne peuvent être enfermées en zone d'attente ou en rétention que le temps strictement nécessaire à l’organisation de leur départ.

«Aucune mesure ne semble avoir été mise en place»

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Sur le plan sanitaire, l’OEE dénonce notamment le manque de mesures pour protéger les personnes retenues et celles qui y travaillent, comme l’absence de protocole sanitaire pour permettre de dépister d’éventuelles personnes porteuses du coronavirus.

Dans son communiqué, l’observatoire conclut: «Il serait inconcevable que le gouvernement ne prenne pas au plus vite l’initiative d’une libération générale et inconditionnelle de toutes les personnes étrangères privées de liberté et ainsi particulièrement exposées au risque sanitaire».

Des problèmes liés au renvoi

Néanmoins, les renvoyer chez elles poserait des problèmes, car il n’y a quasiment plus de vols vers l’étranger à cause du coronavirus. Par ailleurs, ce serait contraire aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui visent à limiter les risques d’importation et d’exportation de l’infection.

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Interrogé par le Figaro, un haut fonctionnaire a expliqué que les forces de l’ordre ne faisaient plus d’opérations contre l’immigration clandestine dans les départements situés hors des zones frontalières, avant d’ajouter que les CRA finiraient par se vider. En outre, selon un préfet, ces personnes sans domicile seront peut-être plus exposées dehors que dedans en période de diffusion du virus.

La France dispose de près de 2.000 places de rétention, dont le taux d’occupation est en moyenne de 87%, d’après le dernier rapport du sénateur LR François-Noël Buffet sur l’immigration. Près de 1.600 personnes sont donc encore placées dans les 25 CRA français.

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