Des migrants expliquent pourquoi ils cherchent à entrer en Europe depuis la Turquie - exclusif

Des milliers de migrants sont désormais libres de quitter la Turquie pour tenter de gagner l’Europe depuis la décision d’Ankara d’ouvrir sa frontière. Mais quelles sont leurs attentes et pourquoi souhaitent-ils s’installer dans l’UE? Un correspondant de Sputnik sur place a interrogé quelques réfugiés.
Sputnik

Étudier, fuir une «vie difficile», rejoindre leurs proches: tels sont les objectifs de certains migrants qui vivent en Turquie et souhaitent se rendre en Europe. Plus rien ne les retient désormais depuis la déclaration de Recep Tayyip Erdogan selon laquelle la frontière leur était ouverte.

Des migrants expliquent pourquoi ils cherchent à entrer en Europe depuis la Turquie - exclusif

Un correspondant de Sputnik présent sur place s’est entretenu avec des réfugiés qui veulent quitter le sol turc.

C’est le cas par exemple d’un Afghan âgé de 24 ans, préférant rester anonyme, qui vit en Turquie depuis un an.

«Je veux partir parce qu’il est difficile de vivre ici, dans tous les sens du terme. Les Syriens ont tout, même des dossiers médicaux, et ils peuvent aller dans les hôpitaux qu’ils choisissent. Alors que nous ne pouvons pas y aller. Ma femme est restée en Afghanistan, mais j’ai été forcé de partir. J'ai travaillé sur un chantier ici.»

Réaliser son rêve

Un autre migrant, Mohammed originaire de Damas et âgé de 20 ans, déclare que son rêve est de faire des études en Europe.

Des migrants à la frontière gréco-turque après la décision d’Ankara de les laisser passer en Europe - vidéos
«En Syrie, j'ai obtenu mon diplôme du secondaire, mais la guerre a commencé et j'ai été contraint de commencer à gagner de l'argent. J'ai vécu en Turquie pendant trois ans, mais je veux déménager en Europe et y faire des études», a-t-il assuré.

Alan, 32 ans et originaire du Kurdistan syrien, est arrivé en Turquie il y a huit ans. Durant tout ce temps, il a vécu à Mardin, Adana et Istanbul. Tout comme Mohammed, l’homme a été à l’école dans son pays et, après s’être rendu en Turquie, a commencé à travailler.

«Je travaille depuis mon arrivée en Turquie. Je parle cinq langues […]. Je veux aller en Europe car mes proches vivent en Allemagne. Ils y ont leur propre restaurant», a-t-il déclaré.

Des milliers de migrants

Des milliers de réfugiés, principalement des Syriens et des Afghans, sont déjà partis dans des bus spécialement apprêtés par des associations d'aide aux migrants vers la ville frontalière d'Edirne afin de se rendre en Europe par voie terrestre. Les migrants cherchent à rejoindre l’UE via le point de contrôle de Kapıkule à la frontière avec la Bulgarie et le point de contrôle de Pazarkule, qui ouvre la voie vers la Grèce.

Dans une interview accordée à Sputnik, les représentants des autorités locales disent que ces déplacements se déroulent calmement, «comme si des préparatifs minutieux avaient été faits». Selon un porte-parole d’une compagnie de bus à la gare routière d’Esenler, plus de 500 personnes ont acheté des billets de bus en l’espace d’une journée.

Comme l’a annoncé le 29 février le Président turc, 18.000 réfugiés avaient déjà quitté le pays et traversé la frontière le jour-même.

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