Les Jeunes filles et la mort (médiatique) de Roman Polanski - images

Les collectifs féministes restent particulièrement mobilisés à l’occasion de la cérémonie des  César 2020, où «J’accuse», le dernier film de Roman Polanski, est en tête des nominations. Sputnik y était pour vous.
Sputnik

Même le ministre de la Culture s’en est mêlé: Franck Riester considère qu’un César du meilleur réalisateur pour Roman Polanski serait «un symbole mauvais». La situation est fébrile autour de la nomination du «J’accuse», dernière œuvre du réalisateur, nommé 12 fois pour ce film à la plus haute récompense par l’Académie des arts et des techniques du cinéma.

Le cinéaste franco-polonais a pourtant annoncé qu’il ne se rendrait pas à la 45e cérémonie de remise des prix. Mais cela n’a en rien entamé la détermination des collectifs féministes, qui soutiennent que leur lutte est juste.

La nuit du 26 février dernier, les «colleuses» du collectif féministe Collages Féminicides de Paris ont affiché sur les murs de la salle Pleyel et l’Académie des César de longues missives «pour rappeler que protéger les violeurs et les pédocriminels est un acte de complicité nauséabond» [la mise en forme de l'original est conservée, ndlr].

«L’objectif final de notre action est simple: qu’il n’y ait pas d’impunité pour les pédocriminels, précise pour Sputnik Camille, l’activiste du collectif Collages. Qu’on tienne les hommes responsables de leurs actes. Qu’on arrête de protéger les violeurs et qu’on commence à protéger la vie des femmes.»
Les Jeunes filles et la mort (médiatique) de Roman Polanski - images

Toujours considéré comme fugitif par Interpol et ne pouvant circuler librement que dans trois pays –la France, la Pologne et la Suisse–, Roman Polanski demeure l’objet des attaques des collectifs féministes qui insistent sur le «rôle de l’État de droit [français, ndlr] face aux faits avérés et condamnés par la justice états-unienne».

Les collages ont commencé en août dernier et, d’après le collectif, «la parole des femmes s’est libérée». Considéré comme «un avancement énorme, avec des prises de parole de certaines organisations», le relais d’opinion a été renforcé également par «une action d’annulation d’une des avant-premières de Polanski».

«On ne négocie pas, on ne quémande pas, détaille Camille On exige et on impose une vérité aux yeux de tous pour qu’on prenne en considération les violences faites aux femmes.»

Revirement de situation trois heures avant la 45e cérémonie: Alain Goldman, le producteur du film «J’accuse», prend la parole au nom de l’équipe pour annoncer la décision «de ne pas être présents à la cérémonie des César 2020», pour «combattre les comportements qui ne respectent pas les valeurs fondamentales de notre pays».

Le scandale largement médiatisé autour du nom de Roman Polanski se développe également avec en toile de fond la démission collective du conseil d'administration de l'Académie des César –accusé notamment d'opacité et d'une culture endogame– et l’intérim de la productrice Margaret Menegoz, nommée présidente en remplacement d’Alain Terzian.

ActualitésRoman PolanskiféminicideféminismeAcadémie des CésarFrance
Discuter