Lavrov espère que les idées de Macron sur la Russie «pénétreront dans la tête de l’Otan»

Si les idées avancées par le Président français sur le dialogue avec la Russie «pénètrent» dans la tête de l’Otan, il sera possible de juger si cette dernière est «effectivement malade ou saine», a fait noter le chef de la diplomatie russe.
Sputnik

Moscou espère que les propos tenus par le Président français à la Conférence de Munich sur la sécurité et portant sur la nécessité d’un dialogue avec la Russie trouveront racine dans l’esprit de l’Otan, a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

«Nos collègues de l’Otan, lorsqu’ils déclarent qu’ils sont prêts au dialogue avec la Russie, ils rusent. Ils sont ouverts au dialogue qu’ils perçoivent comme formuler des prétentions à notre égard, avant tout au sujet de l’Ukraine. Aucune fois le Conseil Russie-Otan, dont ils font tellement la promotion, n’a essayé de nous imposer l’examen de problèmes ukrainiens sans ultimatum», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à l’issue de la Conférence de Munich.
Lavrov espère que les idées de Macron sur la Russie «pénétreront dans la tête de l’Otan»

Et de rappeler que c’est justement l’Otan qui avait cessé toute forme d’interaction avec la Russie, y compris dans le domaine de la lutte contre le terrorisme en Afghanistan.

Macron: «les sanctions nous coûtent au moins aussi cher qu’aux Russes» - vidéo
Par ailleurs, souligne-t-il, l’organisation n’a pas donné de réponse à des propositions bien concrètes de Moscou, portant notamment sur une entente au sujet de l’éloignement des lieux de la tenue des exercices de l’Otan et ceux de la Russie de la ligne de contact, ou encore sur la question de la sécurité au-dessus de la mer Baltique.

«Dans de telles conditions, nous voudrions, certes, que les idées que le Président Macron formule non pour la première fois pénètrent dans la tête de l’Otan, c’est là qu’on comprendra à quel point elle est effectivement malade ou saine», a conclu le ministre russe, dans les propos duquel on peut aussi retracer une référence à la «mort cérébrale de l’Otan», évoquée par Emmanuel Macron.

Ce qu’a dit Emmanuel Macron

Lors de la Conférence de Munich, Emmanuel Macron a estimé que l’Europe devait dialoguer avec la Russie sur plusieurs sujets et aboutir à des «stratégies de désescalade».

«On est exigeant, on ne cède rien sur nos principes mais on réengage le dialogue qui va prendre du temps, on réengage un dialogue stratégique parce qu'aujourd'hui la situation dans laquelle on est est la pire», a-t-il lancé.

Il a en outre estimé que les sanctions et les contre sanctions coûtent aux Européens «au moins aussi cher qu’aux Russes».

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