Procès Zemmour: le Collectif contre l'islamophobie veut «envoyer un message à l’opinion publique»

La «réponse doit être judiciaire et exemplaire», a estimé au micro de Sputnik le directeur exécutif du Collectif contre l'islamophobie en France, avant l’audition auprès du tribunal correctionnel du polémiste Éric Zemmour pour ses propos sur l’islam et l’immigration.
Sputnik

Éric Zemmour n’était pas présent ce 22 janvier au tribunal correctionnel de Paris où il doit être jugé pour «injure publique à caractère racial» et pour «provocation publique à la haine raciale» pour ses propos diffusés en septembre dernier en direct sur LCI et portant sur l’immigration et l’islam.

Si l’avocat du journaliste a gardé le silence en arrivant au tribunal, le directeur exécutif du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIFR) qui a porté plainte, en a expliqué les motifs et les attentes à Sputnik.

Procès Zemmour: le Collectif contre l'islamophobie veut «envoyer un message à l’opinion publique»

Dans l’attente de condamnations

«Nous resterons déterminés jusqu’au bout de la procédure, parce que nous voulons vraiment envoyer un message à l’opinion publique pour dire oui à la liberté publique mais non à l’injure publique et à la diffamation et encore moins à la provocation à la haine», a expliqué Jawad Bachar au mirco de Sputnik.

Et d’ajouter que le CCIFR attendait la reconnaissance de responsabilités au niveau de la chaîne qui a diffusé le discours d’Éric Zemmour lors de la Convention de la droite, mais également «une condamnation ferme pour Éric Zemmour» qui est, estime-t-il, «dans la récidive».

À la question de savoir pourquoi il était, à ses yeux, important de porter plainte, Jawad Bachar a expliqué:

«Parce que dans ce genre de situation la réponse doit être judiciaire et exemplaire. M.Zemmour a été plusieurs fois condamné et là, aujourd’hui, nous attendons une décision de la justice et d’abord une audience pour avoir une décision de justice exemplaire en matière de l’injure publique et de la provocation à la haine».

Un discours ferme sur l'immigration et l'islam

Le samedi 28 septembre, les téléspectateurs de LCI ont eu le droit à une véritable diatribe du polémiste Éric Zemmour contre les immigrés «colonisateurs» et «l'islamisation de la rue», lors de la Convention de la droite. «Tous nos problèmes aggravés par l'immigration sont aggravés par l'islam», a estimé M.Zemmour.

De nombreuses personnalités publiques, internautes et journalistes ont protesté contre cette «tribune» offerte par la chaîne de télévision à ce qu’ils ont vu comme un «discours de haine».

Les déclarations du polémiste ont suscité un tollé jusqu'au sein du gouvernement, le Premier ministre Édouard Philippe condamnant des discours «nauséabonds et profondément contraires à l'idée que nous nous faisons de la France et de la République».

Le parquet de Paris a annoncé mardi 1er octobre l'ouverture d'une enquête, pour «injures publiques» et «provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence».

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