Avocats contre la réforme des retraites: «danse des guerriers» sur le parvis du tribunal de Bobigny – vidéo

Des dizaines d’avocats de Seine-Saint-Denis se sont réunis ce 22 janvier devant le tribunal de Bobigny, où ils ont effectué un haka en signe de protestation contre la réforme de retraites. Raquel Garrido, l’avocate et ancienne porte-parole de LFI a expliqué au micro de Sputnik que ses confrères ne lâcheraient rien.
Sputnik

«Est-ce que vous êtes en colère?», «Est-ce que vous êtes solidaires?». En réponse le hurlement «Oui!», puis un haka: telle était la scène qu’ont pu observer les passants ce mercredi 22 janvier sur le parvis du tribunal de Bobigny où plusieurs dizaines d’avocats ont organisé une action contre la réforme des retraites.

​Sur la pancarte brandie par des membres de cette profession: «Barreau de Seine-Saint-Denis».

Les barreaux mobilisés

Dans son commentaire à Sputnik, Raquel Garrido, avocate et ancienne porte-parole de La France insoumise, a rappelé que 163 barreaux de l’Hexagone étaient en grève et fortement mobilisés car ils avaient cerné «la manœuvre du gouvernement».

«La caisse des barreaux, c’est une caisse qui fonctionne bien, qui est excédentaire, qui a anticipé les pyramides des âges, qui a anticipé la féminisation de la profession et qui a créé un système en vertu duquel les femmes perçoivent le même niveau de pensions que les confrères hommes. Et le gouvernement, en appauvrissant la caisse des barreaux français et en définitive en la supprimant, souhaite que les avocats aillent cotiser non seulement dans le régime général, mais surtout qu’ils aillent cotiser dans des systèmes de retraite par capitalisation», explique-t-elle.

Et d’ajouter qu’en Seine-Saint-Denis les avocats n’étaient pas concernés par des niveaux d’honoraires et des niveaux de vie très élevés, bien au contraire.

Elle a en outre jugé «indigne» et «sans aucune rationalité» la façon dont le gouvernement traite ces avocats loyalement et 24h/24 déterminés à défendre la justice dans ce pays, estimant que sans eux «tout partirait à vau-l’eau».

«Je suis là pour soutenir mes consœurs, mes confères, déjà parce que je les admire […] qui méritent pas d’être expulsés comme ça de leur profession».

«Ceux qui produisons les richesses c’est nous»

Expliquant que les avocats ne lâcheraient pas, elle se dit ravie de voir que toute une série de professionnels retirent aujourd’hui leurs outils de travail afin de montrer aux gouvernants que rien ne fonctionnerait sans eux.

«Je trouve que ce symbole de mettre à terre son attribut de travail nous donne conscience que quelles que soient les richesses accaparées par certains et notamment par les très bons amis de Macron, ceux qui produisons les richesses c’est nous. Et rien ne peut être fait sans nous», a-t-elle martelé.
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