Les touristes en Iran «sont en choc positif»: récit d’une Russe installée à Téhéran

Installée depuis plus de deux ans en Iran, la Russe Kristina Bochtchekh n’a pas encore entendu de mauvaise réaction à la suite d’un voyage dans ce «pays de diversité». Interrogée par Sputnik, elle précise à quoi il faut s’attendre en choisissant cette destination qui réserve un «choc positif» aux touristes.
Sputnik

Après son déménagement en Iran avec son mari iranien Mamat en 2017, la Russe Kristina Bochtchekh s’est plongée dans la réalité très diversifiée de ce pays oriental. Cuisine, tapis persans, architecture: elle organise des voyages dans les endroits les plus intéressants et confie n’avoir jusqu’ici pas «entendu de mauvais commentaire après un voyage en Iran».

«Tous [les touristes] sont en choc positif, la réalité dépasse leurs attentes, ils ne s’attendent pas à ce que ce soit tellement intéressant ici, que les gens soient si bons, ouverts et hospitaliers», explique-t-elle.

Diversité à l’iranienne

Dans son blog consacré à la vie en Iran, Kristina poste des images des «Maldives iraniennes», l’île de Kish (au large de la côte sud de l’Iran), des villes de Sari, Ispahan et Téhéran -où elle vit-, du lac salé de Maharloo.

Pas à pas, le tourisme en Iran se développe, de plus en plus de touristes sont attirés par cet empire persan, l’une des plus anciennes civilisations, qui a connu beaucoup de changements, de gouvernements, de révolutions et qui conserve jusqu’à présent un grand héritage protégé par l’Unesco.

«L’Iran est devenu récemment une destination exotique pour les touristes. Nombreux ont été les touristes venus de France, d’Allemagne, de Chine, de Russie ces deux dernières années. Naturellement, il ne s’agit pas de tourisme de masse. Il y a trop de stéréotypes, de mythes», explique Kristina.

Le touriste typique n’est pas celui habitué aux voyages all inclusive en Turquie, mais une personne ayant déjà exploré nombre de pays, passionnée par l’histoire. Il partage des images sur les réseaux sociaux, attirant ainsi de nouveaux intéressés.

Ce que le pays peut offrir en outre: une cuisine délicieuse, une architecture des 13e-16e siècles, tapis persans artisanaux «considérés comme les meilleurs du monde, c’est une branche d’artisanat d’art séparée, les Iraniens en sont tellement fiers». Et les touristes «les achètent volontiers bien que certains aient un prix fabuleux».

Téhéran «illogique»

«L’Iran a de multiples possibilités. La tâche principale est de normaliser l’atmosphère dans le pays et autour», pointe la blogueuse.

Kristina conseillerait en premier lieu de visiter la capitale de l’Iran, mais pas seulement la partie centrale.

«Certains touristes qui arrivent seuls, ne visitent que le centre, ce qui semble logique, ils pensent que les principales curiosités sont là. Mais en Iran l’infrastructure de la ville est un peu illogique: les endroits les plus beaux sont situés dans la partie nord. Dans le centre, il y a un bazar, un grand marché, et le nord est très beau, c’est l’Iran contemporain», souligne Kristina.

Autres sites à visiter

«En outre, si l’on veut voir un Iran authentique, on peut se rendre dans la ville de Koshan, à trois heures de Téhéran», poursuit-elle. «La ville a gardé des maisons anciennes de grands marchands du 18e siècle. On peut aller les explorer, voir comment tout était organisé.»

L’autre endroit à voir nécessairement est l’ancienne capitale de l’Iran, Ispahan, qui compte plusieurs millions d’habitants. Là, sont conservées beaucoup de curiosités, de belles mosquées du 16e siècle, une église chrétienne arménienne, précise Kristina qui organise des voyages baptisés «Route de la soie» suivant le trajet où la route passait auparavant: Téhéran-Chiraz-Yazd-Ispahan-Koshan.

Traditions iraniennes

Vivant à Téhéran, la jeune femme suit certaines traditions du pays, mais cela concerne essentiellement les fêtes.

Shab-e-Yalda

«Il existe des fêtes traditionnelles iraniennes, comme Norouz que les Iraniens aiment beaucoup [nouvel an du calendrier persan, entre le 19 et 22 mars, ndlr]. Ou Shab-e-Yalda, la plus longue nuit de l’année. Bien sûr, nous les célébrons en famille», raconte-t-elle.

Cuisine

Si l’on se rappelle les traditions culinaires, les Iraniens avaient l’habitude de manger installés par terre, ce qui se voit encore chez les anciens. Mais un Iranien moderne mange comme tous les Européens, à table.

Les maisons traditionnelles iraniennes sont d’habitude très peu meublées: il y a obligatoirement un grand tapis, des coussins sur lesquels on peut s’appuyer lorsque l’on s’assoit près du mur, par terre. «C’est comme sur un divan, mais par terre», explique Kristina.

La principale différence aujourd’hui: «il n’est pas coutume d’utiliser un couteau. Si de la viande est servie, les Iraniens utilisent une cuillère et une fourchette. Ils tiennent la viande avec une cuillère et en arrachent des morceaux à l’aide de la fourchette. Comme ils mangent habituellement de la viande de mouton, elle est douce et les morceaux sont faciles à arracher, donc ce n’est pas vraiment inconfortable».

Mode de vie

Les habitudes quotidiennes diffèrent en fonction de la personne: globalement, la société iranienne est divisée entre laïcs et religieux. S’il s’agit d’un individu laïc, qui entre à l’université, s’occupe d’un business, travaille, son mode de vie diffère peu de celui d’un Européen.

Dans la société traditionnelle, plus conservative, la femme souvent ne travaille pas. Elle se réveille, prépare le petit-déjeuner, va au bazar, prépare le déjeuner. Les Iraniennes aiment dormir, elles ne se lèvent pas tôt, fait remarquer Kristina.

«La journée est très lente, sans hâte, elles passent leur journée à faire le ménage. On se couche assez tard, il est possible qu’on dîne entre 23h00 et 00h00, dans le calme, après quoi toute la famille s’installe devant la télé, discute des nouvelles. Du coup, je dirais que le mode de vie iranien est plus lent, plus détendu, ils ne se dépêchent pas», résume-t-elle.

Parmi d’autres particularités de leur vie, Kristina mentionne que les Iraniens n’ont pas souvent d’animaux de compagnie, car ils ont tendance à salir la maison.

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