Paris perd des habitants, à raison de 11.000 par an, alors que la Seine-Saint-Denis en gagne

Même si la région Île-de-France gagne en moyenne 55.000 habitants par an, la capitale en perd environ 11.000 dans le même laps de temps. Des chiffres qualifiés de «préoccupants» par le premier adjoint à la maire de Paris.
Sputnik

Le nombre d’habitants est en augmentation dans tous les départements de France, sauf dans la capitale du pays. Bien que l'Île-de-France reste, avec ses 12.174.880 d’habitants, la région la plus densément et la plus peuplée, Paris même voit sa population baisser d'année en année.

Selon les données publiées par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) le 30 décembre et mentionnant un décompte réalisé au 1er janvier 2017, la ville perd 11.000 habitants tous les ans, alors qu’elle en gagnait presque 10.000 entre 2007 et 2012. En l’espace de ces cinq ans, le nombre d'habitants à Paris a diminué de 53.095 habitants pour passer de 2.240.621 à 2.187.526.

«Cette baisse s’explique essentiellement par le creusement du déficit migratoire», analyse l’Institut, c’est-à-dire par la diminution du nombre de personnes venant s'installer à Paris et l’augmentation du nombre de celles qui quittent la capitale.

«De surcroît, la natalité diminue, affaiblissant ainsi l’excédent naturel à Paris», a ajouté l'Insee.

Les mairies inquiètes

Ces chiffres ont été jugés «préoccupants» par Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris, qui relève l'augmentation de logements vacants dans la ville.

«À Paris, seulement 82 % des logements sont des résidences principales. Ce chiffre a chuté de 3,3 % ces cinq dernières années en raison de la hausse des résidences secondaires et des meublés touristiques type Airbnb […] Il faut inciter les propriétaires à remettre ces logements inoccupés sur le marché immobilier», a-t-il exposé au Parisien.

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Ainsi, les logements destinés au tourisme empêcheraient les familles de s'installer, en particulier dans le centre de la capitale.

Le maire du 2e arrondissement de Paris, Jacques Boutault, a énuméré dans le journal les conséquences de ce phénomène, comme la fermeture de classes et la transformation de commerces de proximité en cafés, restaurants ou lieux de fête.

«Il y a une prédation financière sur la qualité de vie des habitants, a-t-il souligné. Ce sera le grand défi de la prochaine mandature: redonner aux arrondissements du centre de Paris leur vocation résidentielle.»

Toutefois, dans le reste de la région, le nombre d'habitants va croissant. Ainsi, l’Île-de-France gagne en moyenne 55.000 habitants par an. Et c’est en Seine-Saint-Denis que la hausse est la plus importante, avec une augmentation de 17.000 habitants en moyenne par an «grâce à un excédent naturel très élevé, le plus important de France», a noté l’Insee.

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