États-Unis: un amish jugé pour 20 crimes sexuels sur des fillettes de moins de 10 ans

Un homme de 75 ans faisant partie de la communauté amish est accusé d’une vingtaine d’abus sexuels sur mineurs. Le 12 décembre, il a plaidé «la non-contestation» devant le tribunal de Pennsylvanie et encourt jusqu’à 246 ans de prison.
Sputnik

Dans le comté de Lancaster, dans l’État américain de Pennsylvanie, un amish de 75 ans est accusé d’une vingtaine d’abus sexuels sur quatre fillettes de moins de 10 ans. David Stoltzfus Smucker devait plaider coupable ce 12 décembre, mais a finalement plaidé la «non-contestation», c’est-à-dire qu’il reconnaît la présence de preuves suffisantes pour sa condamnation sans admettre sa culpabilité. Une affaire qui s’ajoute à la prise de conscience croissante des abus sexuels chez les amish et les autres communautés affiliées.

M.Smucker est accusé de viol, d’inceste, de corruption de mineurs et de multiples abus sexuels, il encourt jusqu’à 246 ans de prison. Entre 2014 et 2018, M. Smucker a agressé des fillettes à de nombreuses occasions, que ce soit à son domicile ou ailleurs. Fritz Haverstick, le procureur adjoint, a déclaré au tribunal:

«Certains des enfants ont affirmé avoir été abusés à chaque fois qu’ils se trouvaient au domicile de Mr Smcuker.»

Mais M. Haverstick a déclaré qu’au moment de la sentence, il présenterait des témoignages sur «l’extraordinaire impact» des abus sur les victimes ainsi que sur la communauté. L’accusé a été arrêté au mois de mars 2019. Selon les accusations, les victimes avaient toutes moins de 10 ans au moment des faits. Son cas figurait d’ailleurs dans la série documentaire «Coverings» du quotidien Pittsburgh Post-Gazette, qui relate les cas d’abus sexuels dans les communautés anabaptistes comme les amish ou les mennonites.

Traditionnellement, «Les Anciens» considéraient les accusations d’abus sexuels comme des péchés à traiter au sein même de l’église et non comme des crimes, laissant ainsi les enfants vulnérables à d’autres abus. Mais ces dernières années, la collaboration s’est intensifiée entre les autorités du comté de Lancaster et «les anciens» sur le signalement d’enfants en danger. Dans le cas de M. Smucker, c’est la communauté elle-même qui a signalé les accusations aux autorités du Comté. Christophe Sarno, l’avocat de M. Smucker, a confirmé au quotidien que c’étaient les parents des victimes qui, après de lourds soupçons, ont alerté les autorités.

«M. Smucker continue à dire qu’il n’a rien fait. Mais il est conscient que les quatre fillettes vont témoigner, et que le jury les croira très certainement», a déclaré Christophe Sarno au Pittsburgh Post-Gazette.

Peu après son arrestation en mars, M. Smucker a été libéré et transféré au Whispering Hope, dans le comté de Cumberland, un centre pour les amish et autres communautés anabaptistes, car la prison locale ne pouvait répondre aux besoins médicaux de l’accusé. Le centre, qui n’est pas reconnu par l’État, offre un programme centré autour de la Bible. Selon un dossier d’entreprise déposé auprès de l’Etat de Pennsylvanie, l’organisation fournit «un foyer chrétien pour tous ceux perturbés émotionnellement, déprimés, ayant des problèmes spirituels et conjugaux, des obsessions morales et des maladies mentales.» Aucun des «psychologues» et «psychiatres» du centre n’est agréé par l’État.

Le jugement sera rendu à la fin d’une longue enquête qui suit encore son cours. D’ici là, M. Smucker a interdiction de prendre contact avec les victimes.

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