Ce que l’on sait du Géorgien tué à Berlin et de son assassin présumé

Le meurtre d'un Géorgien à Berlin a fait monter les tensions entre l’Allemagne et la Russie, provoquant l’expulsion de deux diplomates de l'ambassade russe. Retour sur l’identité de la victime à l’origine de la crise et de son assassin présumé.
Sputnik

L’Allemagne a ordonné mercredi 4 décembre à deux membres de l'ambassade de Russie de quitter «avec effet immédiat» le pays, reprochant aux autorités russes de n'avoir pas «suffisamment coopéré» dans l'enquête sur le meurtre d'un Géorgien à Berlin. Jugeant «inadmissible» «une approche politisée dans une enquête», la Russie a promis de prendre des mesures de rétorsion.

Les autorités allemandes soupçonnent la Russie d’être impliquée dans le meurtre, ce que le Kremlin a officiellement démenti.

Voici ce que l’on sait, à ce stade, de Zelimkhan Khangochvili, le Géorgien assassiné à l’origine de la crise diplomatique.

  • Khangochvili est né en 1979 dans la vallée de Pankissi, une région de l'est de la Géorgie qui compte une importante population tchétchène. Il était ainsi issu de cette minorité et avait la nationalité géorgienne.
  • À la fin des années 1990, il est parti pour la Tchétchénie voisine, où il a commandé une unité militaire qui s'est battue contre les forces russes lors de la Seconde Guerre de Tchétchénie.
  • Selon le chef de la diaspora tchétchène à Istanbul, Khangochvili était une figure «importante» de la guérilla tchétchène et s'est battu aux côtés d'Aslan Maskhadov, troisième président de la république tchétchène d'Itchkérie, non reconnue, qui a été éliminé en 2005.
  • Il a recruté près de 200 combattants volontaires pour l'armée géorgienne lors du conflit en Ossétie du Sud en 2008, selon Ekkehard Maaß, président de la Société germano-caucasienne.
  • Il a survécu à une tentative d'assassinat à Tbilissi en 2015. L'année suivante, il s'installe en Allemagne pour y chercher l’asile, en passant par l'Ukraine.
  • Les services de sécurité allemands auraient surveillé Khangoshvili en tant que personne «représentant une menace pour la sécurité publique», mais avaient abandonné cette surveillance pour des raisons inconnues en 2018, rapporte le journal Tagesspiegel.
  • Il aurait vécu à Berlin sous une fausse identité et se rendait chaque vendredi à la prière dans une mosquée locale.
  • Le vendredi 23 août, il a été tué de trois balles par une arme avec silencieux dans le parc Kleiner Tiergarten en plein jour alors qu'il se rendait à la prière.

Qui est l’assassin présumé?

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La police allemande a interpellé dans la foulée le suspect près des lieux du crime qui est depuis emprisonné à Berlin, où il garde le silence. Il a été identifié comme Vadim Sokolov.

Une enquête menée par Le Spiegel, The Insider et Bellingcat affirme que le vrai nom du suspect est Vadim Krasikov. Il se serait rendu en Allemagne en provenance de Russie sous une fausse identité. Selon l’enquête, il avait été recherché en vertu d'un mandat d'arrêt d'Interpol pour l'assassinat similaire d'un homme d'affaires russe à Moscou en 2013, mais le mandat d'arrêt avait depuis été annulé.

Les journalistes suggèrent que Sokolov/Krassikov aurait pu obtenir une fausse identité avec l’assistance des autorités russes. Le Kremlin a jugé ses allégations «sans fondement».

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