Deux députés LREM claquent la porte du parti en moins de 24 heures

Deux claquements de porte en moins de 24 heures: les députées Marion Lenne et Pascale Fontenel-Personne ont quitté La République en marche, en reprochant notamment au parti présidentiel «son fonctionnement», voire «une opacité», allongeant une liste de défections déjà fournie depuis 2017, relate l’AFP.
Sputnik

Les députés Marion Lenne et Pascale Fontenel-Personne ont tour à tour annoncé qu’ils quittaient le parti du Président.

Si les deux parlementaires continuent à siéger - pour l'instant - dans les rangs de la majorité à l'Assemblée nationale, leur décision quasi-simultanée illustre une crise prise au sérieux au sein du jeune mouvement macroniste, qui essuie des critiques autant sur la forme que sur le fond.

Plusieurs vagues de départ

Depuis 2017, le groupe parlementaire LREM à l'Assemblée est passé de 313 à 303 membres et apparentés, à seulement une quinzaine de sièges de la perte de la majorité absolue. «Ce qui arrivera forcément avant la fin de la législature», pronostique un fidèle du président Emmanuel Macron.

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Après le départ de l'ex-PS Jean-Michel Clément en avril 2018 en raison de son opposition à la loi asile et immigration, des défections ont régulièrement ébranlé le groupe majoritaire: Frédérique Dumas, Joachim Son-Forget et surtout Matthieu Orphelin, un très proche de Nicolas Hulot qui entendait incarner la branche écolo du mouvement présidentiel mais qui a finalement jugé les avancées «insuffisantes» en la matière.

«Dans cette cuvée de parlementaires, il y a davantage d'auto-entrepreneurs politiques que de gens qui ont l'esprit collectif», regrette un historique de la macronie, selon qui «le problème, c'est qu'à l'Assemblée, les groupes politiques n'existent plus: les présidents de groupe ne contrôlent plus leurs groupes, ils les gèrent», une pique visant directement le patron du groupe LREM, Gilles Le Gendre.

Celui-ci a d'ailleurs, selon Le Monde, récemment adressé une note à Emmanuel Macron pour «l'avertir» sur l'état d'esprit du groupe majoritaire.

«On a fait la campagne d'Emmanuel Macron puis découvert la distance entre un président de la République et le groupe majoritaire, il y a forcément un caractère "déceptif"», a reconnu une marcheuse auprès de l'AFP.

Il y a quinze jours, c'est la députée Jennifer de Tammerman qui expliquait avoir perdu «espoir» après le vote de mesures sur l'immigration et l'instauration d'un délai de trois mois pour l'accès des migrants à certains soins.

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A propos des divergences politiques et des déçus de la promesse du «et en même temps» , un fidèle d'Emmanuel Macron y voit une erreur d'appréciation stratégique originelle: «On a décidé d'avoir une majorité absolue, ce qui a été le début des emmerdes. Parce que, peut-être, ça empêche le débat des sensibilités».

La forme de LREM critiquée

Outre la doctrine et sa mise en œuvre, c'est également la forme du mouvement, au-delà des seuls bancs de l'Assemblée, qui est visée.

Machine de guerre au service du candidat Emmanuel Macron pour la présidentielle de 2017, la modeste start-up En Marche! avait dû se transformer en urgence en vaisseau industriel au lendemain des législatives, après être devenu le premier parti de France.

Mais l'épreuve du pouvoir et, surtout, la préparation des municipales, ont provoqué nombre de tensions. Car le mouvement, qui a toujours revendiqué une certaine verticalité censée empêcher la création de baronnies et l'émergence de futurs frondeurs, s'en est notamment remis à une commission nationale d'investiture pour désigner ses candidats pour l'échéance de mars 2020, en favorisant moult alliances avec des candidats sortants, LR ou PS. «Alors que, bien souvent, en 2017, les militants En marche ! s'étaient structurés dans les communes en opposition au pouvoir municipal en place», rappelle un cacique.

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Ce sont notamment ces stratégies, parfois jugées illisibles, qui contribuent aujourd'hui à l'érosion. En dénonçant «une résurgence de la vieille politique opaque et calculatrice au niveau local», Mme Fontenel-Personne a pointé «la gestion départementale de la République en marche», jugée «calamiteuse et dénuée d'ambition», alors qu'elle figure au Mans sur une liste aux municipales sans étiquette, mais concurrente de celle menée par Gilles Guerchet, estampillée LREM.

Pour Marion Lenne, c'est «un désaccord sur le fonctionnement» qui a motivé son départ, déplorant «qu'on n'écoute pas assez les territoires».

Les turbulences pourraient d'ailleurs encore s'intensifier: avec la multiplication des dissidences pour les municipales, plusieurs exclusions sont à prévoir. Volontaires ou subies.

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