Balkans occidentaux: qu’en est-il des perspectives d’adhésion à l’Union européenne?

Dans un document informel transmis aux États de l’UE, Emmanuel Macron expose une nouvelle approche de l’élargissement de l’Union, affirment des médias balkaniques. Il s’agit notamment de proposer aux pays des Balkans occidentaux une intégration économique et non une adhésion à part entière. Une politologue serbe commente la situation pour Sputnik.
Sputnik

Des médias balkaniques annoncent que le Président français a transmis aux États membres de l’Union européenne un non-papier, document informel, pour proposer d’ouvrir aux pays des Balkans occidentaux souhaitant adhérer à l’UE l’accès à des fonds structurels de l’Union. Auparavant, ces fonds structurels n’étaient destinés qu’aux États membres de l’UE, rappelle à Sputnik Suzana Grubjеsic, du Centre de la politique étrangère.

Merkel et Macron se disputent-ils le leadership de l’UE et des Balkans occidentaux?

Elle ajoute que dans la note diplomatique informelle d’Emmanuel Macron, il s’agit tant des fonds IAP — instruments d'aide de préadhésion auxquels la Serbie et les autres pays-candidats ont déjà accès — que des fonds structurels qui ne fonctionnent qu’à l’intérieur même de l’Union européenne.

«Les fonds IAP, c’est tout autre chose. Il s’agit sans doute là de fonds structurels sectoriels. De toute évidence, cela signifie que si les pays-candidats [à l’adhésion, ndlr] font des réformes dans l’un des secteurs, s’ils ferment un chapitre [du dossier des négociations, ndlr], ils auront accès aux fonds structurels du secteur en question comme s’ils étaient membres de l’UE», suppose l’experte.

Il s’agit de faire patienter les Balkans occidentaux

Pour Mme Grubjеsic, il est de toute évidence question d’une association progressive des pays candidats à mesure des progrès qu'ils accomplissent notamment en matière d’État de droit, de stabilité économique, de lutte contre l'insécurité, etc.

«Par exemple, si nous ouvrons et fermons avec succès le chapitre "Transports", alors nous aurons accès à des fonds pour ce secteur. Et cela sera valable pour chaque pays. Par comparaison, rappelons que la Serbie a reçu 1,4 milliard d’euros des fonds IAP entre 2014 à 2020, alors que la Bulgarie a perçu pour cette même période 12 milliards d’euros. Telle est la différence», explique Mme Grubjеsic.

Le meilleur pour les «vrais»

Enfin, elle est convaincue que le plein accès aux fonds structurels restera le privilège des États membres de l’Union européenne, alors que les pays-candidats ne pourront compter que sur l’octroi de sommes bien définies pour «améliorer» tel ou tel secteur, que ce soit les transports, l’agriculture ou autre.

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