La cause palestinienne, dernier rempart à un monde unipolaire (MAE palestinien)

Réaffirmer la suprématie du droit international et réactiver les instruments du multilatéralisme est un véritable «test» pour la communauté internationale, selon la diplomatie palestinienne. En cas d’échec, ce serait la porte ouverte à «un monde unipolaire» gouverné par «la logique de la force» et «la loi de la jungle».
Sputnik

 

La défense de la cause palestinienne constitue un rempart à l’établissement d’un monde unipolaire, un objectif poursuivi par «Israël et ses alliés», a récemment plaidé le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad Al-Maliki.

Le premier diplomate palestinien s’exprimait, le 13 novembre, lors de la cérémonie d’ouverture du Forum Medays, organisé chaque année à Tanger, au Maroc.

«Israël et ses alliés voudraient saper la cause palestinienne, puisque c’est le test le plus sérieux pour la légalité internationale. Ils veulent ainsi saper le système international basé sur les droits, promouvoir la logique de l’agression et du vandalisme, pour créer un monde unipolaire», a décrié Riyad Al-Maliki.

 

La cause palestinienne, dernier rempart à un monde unipolaire (MAE palestinien)

 

Le discours d’Al-Maliki intervenait alors que l’enclave de Gaza était, depuis mardi 12 novembre, sous les bombes israéliennes. Plus d’une trentaine de morts ont été déplorés, côté palestinien, ainsi que plusieurs dizaines de blessés, dont des femmes et des enfants.

Un commandant palestinien tué par une frappe israélienne dans la bande de Gaza
L’armée israélienne ripostait aux nombreuses roquettes tirées depuis la bande de Gaza, elles-mêmes en représailles à une opération ciblée des Israéliens contre un haut commandant du Djihad islamique palestinien, Baha Abou Al-Ata, 42 ans.

 

Dans la nuit de mardi à mercredi, le leader du groupe politico-militaire avait été tué, avec son épouse, dans une frappe contre leur domicile, dans l'est de la bande de Gaza. Al-Ata était accusé par les Israéliens d’avoir été derrière un récent tir de roquette, des tirs de snipers et des lancements de drones.

Un cessez-le-feu entré en vigueur jeudi n’avait pas empêché une reprise de l’escalade, vendredi, avec des tirs de roquettes palestiniens et des ripostes israéliennes.

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Le ministre des Affaires étrangères de l’entité avait condamné, quant à lui, «les agressions» perpétrées par les Israéliens contre le peuple palestinien, en appelant la communauté internationale à «prendre ses responsabilités».

«Le fait pour la communauté internationale de ne pas s’acquitter de ses obligations en demandant des comptes à Israël et à ses criminels, pour les crimes et exactions [qu’ils ont commis], conformément aux règles du droit international, participe de l’ébranlement de la confiance dans la communauté internationale et le droit international», a affirmé Al-Maliki.

Dans son allocution de Tanger, l’accent a été plus particulièrement mis, ensuite, sur la nécessité de rétablir cette confiance dans les institutions internationales, ainsi que dans le multilatéralisme. Le cas échéant, ce serait «la loi de la jungle», une communauté internationale «gouvernée par la logique de la force, et non pas par la loi, par l’agressivité et le vandalisme, et non pas par le dialogue et la confiance». Dès lors, c’est la porte ouverte à «un système unipolaire», et à toutes les crises «qui atteindront tout le monde», avertit le ministre palestinien.

«Les conflits sont de plus en plus nombreux, dans le monde entier, alors que nous sommes de moins en moins capables d’y faire face, du fait que les instruments internationaux, qui avaient été justement conçus pour les résoudre, ont été entravés, en raison de l’absence de confiance entre États», analyse le ministre palestinien.

L’intervention du chef de la diplomatie palestinienne est entrée en résonnance avec le thème de cette 12e édition du forum Medays «Crise globale de confiance: faire face aux incertitudes et à la subversion».

Organisé par le think tank Amadeus, sous le haut patronage du roi marocain, Mohammed VI, ce rendez-vous géopolitique incontournable pour les pays du Sud réunit chaque année plus de 150 intervenants internationaux, échangeant, pendant quatre jours, dans le cadre de panels, workshops et autres formats.

 

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