«Lyon, Lyon, ni oubli, ni pardon»: la conférence de François Hollande à Lille annulée à cause d’étudiants

Arrivé à l’université de Lille pour parler de la crise de la démocratie, François Hollande a dû annuler sa conférence à cause de quelque 300 à 400 étudiants qui étaient venus pour l’accuser d’être responsable de l’immolation d’un étudiant le 8 novembre à Lyon.
Sputnik

La conférence de François Hollande à l’université de Lille, prévue pour ce mardi, a été annulée en raison des étudiants qui ont pénétré dans l’amphithéâtre pour empêcher l’événement et ainsi exprimer son soutien à Anas K., un jeune de 22 ans qui s’est immolé vendredi devant le Crous de Lyon. Avant de passer à l’acte, cet étudiant a écrit une lettre dans laquelle il avait imputé aux trois derniers Présidents de la République et à l’UE de l’avoir tué «en créant des incertitudes sur l’avenir».

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Selon la Voix du Nord, les étudiants se sont d’abord rassemblés à la mi-journée devant le Crous de Lille brandissant des pancartes indiquant «La précarité tue, la solidarité fait vivre». Ensuite, après avoir défilé dans les rues, ils ont pénétré à l’intérieur de l’amphithéâtre tout en criant «Hollande assassin, Hollande assassin!».

​En outre, ils se sont mis à déchirer des livres de François Hollande et à les jeter à travers l’amphithéâtre. Ils scandaient également «Lyon, Lyon, ni oubli, ni pardon» et entonnaient des chants anticapitalistes, comme le montre plusieurs vidéos postées sur Twitter.

Vers 14h40, quand les manifestants ont envahi l’amphithéâtre, l’ex-chef d’État était placé en «zone de sécurité», précise la Voix du Nord. Finalement, vers 15h30, Jean-Philippe Derosier, l’enseignant organisateur de la conférence, a annoncé son annulation.

Réaction de François Hollande

L'ancien Président a par la suite regretté «que cette émotion [suite à l’immolation de l’étudiant, ndlr] se soit transformée en violence», selon son entourage.

«Il y a une émotion légitime après le geste désespéré d'un étudiant à Lyon et le Président la comprend. Il est compréhensible que certains étudiants se soient saisis de la venue d'un ancien Président pour médiatiser leurs revendications», écrit un proche de l'ex-chef de l'État dans un communiqué, cité par l’AFP.

Plusieurs manifestations à travers la France

Quelques centaines d'étudiants se sont réunis mardi matin devant le siège du Crous à Lyon, dénonçant leur «précarité actuelle». 150 personnes se sont réunies également à Saint-Étienne, ville natale de l’étudiant immolé.

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Le syndicat Solidaires étudiant-e-s a notamment appelé à des rassemblements dans une quarantaine de villes. Selon France Info, des dizaines de personnes se sont mobilisées aux abords des Crous et des universités dans plusieurs villes étudiantes dont Metz, Limoges, Nantes, Montpellier et Toulouse.

Dans la soirée, quelques centaines de personnes se sont rassemblées devant le Crous de Paris.

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