Macron: «Le port du voile dans l'espace public n'est pas mon affaire»

Le port du voile dans l’espace public, «c’est pas l'affaire de l'État ou du Président de la République», a déclaré Emmanuel Macron sur la chaîne Réunion la 1ère, ce 24 octobre, en tranchant que «c’est ça, la laïcité». Cependant, en ce qui concerne les services publics, «il y a un devoir de neutralité», a-t-il précisé.
Sputnik

Commentant le débat sur le port du voile islamique, le Président Macron a déclaré ce 24 octobre:

«Le port du voile dans l'espace public n'est pas mon affaire. C’est ça, la laïcité. Le port du voile dans les services publics, à l'école, quand on éduque nos enfants, c'est mon affaire», a-t-il affirmé sur la chaîne Réunion la 1ère.

«Dans les services publics, il y a un devoir de neutralité. Quand on éduque nos enfants, et c’est pour cela que cela vaut pour l’école maternelle, l’école, le collège et le lycée, et pas pour l’université, on demande à ceux qui les éduquent, comme aux enfants, de ne pas avoir de signes religieux»», a annoncé le chef d'État français.

«Après, ce qui se passe dans l'espace public, c'est pas l'affaire de l'État ou du Président de la République», a-t-ajouté.

Cette déclaration a été faite après les propos du ministre de l'Éducation et ceux de Marine Le Pen, laquelle a demandé d'interdire le voile dans «tout l'espace public», a fait savoir l'AFP.

«Je n’aime pas d’ailleurs le débat qui consiste à ne stigmatiser qu’un seul signe religieux», a souligné M.Macron. «Pas de signes religieux ostentatoires, parce qu’on est en train d’élever l’enfant et de lui permettre de devenir un individu libre, raisonnable, éduqué», a-t-il conclu.

Le débat sur le port du voile a été soulevé après que l’élu RN Julien Odoul a demandé à une accompagnatrice d’élèves de retirer son voile, lors d’une session du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, le 11 octobre.

Emmanuel Macron à la Réunion

À l'arrivée du Président sur l’île le 23 octobre, des heurts entre manifestants et forces de l’ordre ont éclaté près de l’aéroport, à l’issue de quoi cinq personnes ont été placées en garde à vue, pour un total de 80 protestataires dispersés car la manifestation n'était pas déclarée, a indiqué l'Élysée. 

Plus tard dans la journée, Emmanuel Macron s'est exprimé devant un public réunissant les autorités et les chefs d’entreprises des États de la zone indo-pacifique, ainsi que les acteurs économiques réunionnais.

Selon son programme, le Président français, en visite de trois jours à La Réunion, a rencontré ce 24 octobre, dans le quartier des Camélias à Saint-Denis, des habitants qui lui ont fait part de leurs difficultés sociales, notamment en ce qui concerne le taux du chômage, la vie chère et le logement.

Des affrontements ont éclaté ce 24 octobre dans la soirée entre une centaine de jeunes et des forces de l'ordre sur un rond-point de la ville du Port, à La Réunion. Ils ont échangé de jets de pierres et de tirs de grenades lacrymogènes au rond-point de la Rivière, selon l’AFP.

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