Les enjeux du nouvel accord avec Damas, selon des hommes politiques kurde et syrien

Interrogés par Sputnik, deux hommes politiques kurde et syrien ont commenté l’accord conclu entre Damas et les Kurdes syriens pour faire face à l’offensive turque. Il a été évoqué la possibilité que les territoires kurdes rejoignent la Syrie, ainsi que la contribution russe apportée dans la réalisation de cet accord.
Sputnik

Après que les Kurdes syriens ont annoncé le 13 octobre la signature d’un accord conclu avec Damas sur le déploiement des forces syriennes à la frontière avec la Turquie, Sputnik a pris connaissance de certains détails du document de l’administration autonome des territoires au nord-est du pays et a obtenu les commentaires de différents hommes politiques kurde et syrien à ce sujet.

L’accord kurdo-syrien

L’accord signé entre les Kurdes et le gouvernement syrien indique que l’armée syrienne sera déployée le long de la frontière turque. Il sera ainsi possible «de libérer d’autres villes syriennes occupées par la Turquie, y compris Afrine», fait savoir le document.

L’un des dirigeants du Parti démocratique-progressiste kurde, Ahmed Suleiman, a déclaré à Sputnik:

«Actuellement, nous nous trouvons à Damas, nous avons réalisé une série de rencontres avec les autorités syriennes. À ce stade, nous avons une compréhension mutuelle complète concernant l’avancée turque».

Selon lui, toute la Syrie est menacée par l’offensive turque contre les Kurdes, c’est pourquoi c’est également un problème syrien:

«Parce que les Turcs menacent toutes les régions syriennes, pas seulement celles qui se trouvent sous contrôle kurde. L’accord prévoit que les forces kurdes fassent partie de la défense de l’Armée arabe syrienne».

L’intermédiaire russe

Le député syrien Muhannas Haj Ali a également commenté le nouvel accord et a souligné le rôle de la Russie: «Cela a été rendu possible grâce à la médiation russe. Nous savons que des représentants russes se sont tout d’abord rendus à Minbej. Immédiatement après, les troupes syriennes se sont dirigées vers la frontière turco-syrienne».

L’ordre du jour est d’arrêter l’agression turque, selon l’élu. Il a également estimé que les territoires contrôlés par les Kurdes seront transmis à Damas qui est le seul capable d’assurer la sécurité et la stabilité de ses régions.

«L’armée syrienne est très forte et dépasse les Turcs à bien des égards. Ankara ne s’impliquera pas bêtement dans un tel conflit armé. De plus, la partie russe fera tout son possible et, le cas échéant, fera pression sur la partie turque pour empêcher un tel développement de la situation», a souligné Muhannas Haj Ali.

Opération Source de paix

Le Président turc a annoncé le 9 octobre le lancement de l’opération Source de paix dans le nord de la Syrie, menée contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit en Turquie, et le groupe terroriste Daech*. Le même jour, Ras al-Aïn et d’autres villes frontalières syriennes ont été bombardées par l’aviation turque.

Ankara a ensuite annoncé le début de l’opération au sol. Le ministère turc de la Défense nationale a déclaré le 11 octobre avoir pris le contrôle de Ras al-Aïn. Selon l’agence Anadolu, l’armée turque s’est emparée le 13 octobre de la ville de Tall Abyad.

Plusieurs pays et organisations ont appelé la Turquie à cesser son opération qui a fait dès le jour de son lancement des victimes dans les rangs des milices kurdes.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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