Des «pétroliers fantômes» iraniens existent-ils vraiment?

Lors d’un entretien accordé en exclusivité à Sputnik en marge de la Semaine russe de l'énergie 2019, le ministre iranien du Pétrole a parlé des itinéraires alternatifs d’exportation de pétrole pour échapper aux sanctions américaines et contourner le détroit d’Ormuz.
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Confronté à des sanctions américaines, l’Iran n'est pas disposé à renoncer aux recettes provenant des ventes de pétrole, estimant qu’exporter l’or noir est son droit légitime, a déclaré le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zangeneh, dans un entretien exclusif accordé à Sputnik en marge de la Semaine russe de l'énergie 2019.

«Nous ne cédons pas face à des interdictions et des sanctions», a souligné le ministre.

Tactique de vente de pétrole en secret

À la question de savoir si l’Iran a recours à une tactique de vente de pétrole en secret, notamment via des «pétroliers fantômes», Bijan Namdar Zangeneh répond:

«Nous utilisons toutes les pratiques et faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour exporter notre pétrole. Tous les moyens sont bons. Exporter du brut est notre droit légitime».

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Sur fond de tensions dans le détroit d’Ormuz, artère maritime pour l’exportation mondiale de pétrole, Téhéran a annoncé mi-août que dans deux ans (d’ici 2021), il pourrait exporter son brut en passant outre le détroit d’Ormuz.

Contourner le détroit d'Ormuz

«Pour cela, nous construisons à présent un nouveau terminal pétrolier dans la région de Makran, près de la ville de Jask [au sud de l'Iran, dans la province du Hormozgan, ndlr]. Sa capacité d’exportation sera d’un million de barils par jour. Un oléoduc est également construit dans cette région. Nous espérons que tout sera prêt, grâce à Dieu, et que le projet sera lancé d’ici 2021», a détaillé le ministre iranien du Pétrole.

Et d’ajouter que ce projet était uniquement financé par l’Iran.

Des investissements étrangers salués

«Nous utilisons seulement nos propres ressources, mais saluons évidemment des investissements, notamment russes», a souligné Bijan Namdar Zangeneh.

Des pétroliers continuent de partir des côtes iraniennes, mais il est impossible de déterminer leur destination, car les systèmes permettant de suivre leur déplacement sont éteints, constatent des médias, supposant que ces «pétroliers fantômes» transportent du pétrole iranien.

Les États-Unis se sont unilatéralement retirés de l'accord sur le nucléaire iranien et ont rétabli les sanctions contre Téhéran.

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