L’enquête de l’IGA, bientôt rendue publique, lèvera-t-elle les zones d’ombre sur la mort de Steve?

Christophe Castaner a annoncé que le rapport de l’Inspection Générale de l’Administration, saisie après la mort de Steve Caniço, serait prochainement rendu public. Pas sûr que l’opinion publique y trouve son compte: les conclusions de l’enquête, attendues pour le 4 septembre, porteront sur le rôle des acteurs non-policiers de ce drame.
Sputnik

Mercredi 28 août, Christophe Castaner l’annonce sur BFMTV: le rapport de l’Inspection Générale de l’Administration (IGA) sur la mort de Steve Maia Caniço va bientôt être rendu public. L’IGA a été saisie fin juillet, après que l’enquête administrative de l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) «n’ait pu établir de lien entre l’intervention policière et la mort de Steve Caniço», défrayant la chronique et soulevant une vive polémique au niveau national.

L’IGA, organe rattaché au ministère de l’Intérieur, a été saisie par le gouvernement «pour comprendre les conditions de l’organisation» de la Fête de la musique. Le 30 juillet dernier, Édouard Philippe justifiait la saisine de l’IGA en expliquant que «des interrogations sur la préparation de cet événement» restaient posées.

Selon la lettre de saisine consultée par l’AFP, il sera question de définir les dispositions prises en matière de sécurité des participants au niveau du site de la fête ainsi que les moyens d’information et de décision entre les services d’État et ceux de la ville de Nantes. En clair, l’IGA cherchera à établir si d’autres responsabilités que celles de la police (organisateurs de la fête, municipalité, etc.) sont à chercher dans la mort de Steve.

«Nous aurons en interne l’enquête de l’IGA qui sera rendue dans quelques jours, que je rendrai publique et dont je tirerai toutes les conséquences», a déclaré le ministre de l’Intérieur sur BFMTV.

«Où est Steve?»

Rappel des faits: le 21 juin, jour de la fête de la musique, Steve Maia Caniço se rend à une free party (une fête non déclarée) quai Wilson, à Nantes. Sur les coups de 4 h30 du matin, une intervention de police musclée fait basculer plusieurs personnes dans la Loire, repêchées pour la plupart par les pompiers. Quant au jeune animateur de 24 ans, ses proches étaient restés sans nouvelles. Il aura fallu six semaines avant que son corps ne soit retrouvé: Steve, très probablement tombé lors de l’intervention policière, ne savait pas nager. Depuis sa disparition et les recherches pour le retrouver, une importante mobilisation s’était créée autour de l’affaire avec cette grande question: «Où est Steve?» Depuis, les causes de la mort de Steve et les procédures judiciaires qui l’entourent restent très floues. 

Mort de Steve: la goutte de sang qui fera déborder le vase des violences policières?

Une plainte collective déposée, l’IGPN saisie

Après la disparition du jeune homme et l’intervention très controversée de la police, l’IGPN a été saisie par le ministère de l’Intérieur «pour faire toute la lumière sur cette disparition». Elle a été saisie une seconde fois, suite à la plainte collective déposée début juillet par 95 personnes participant à la soirée, «pour mise en danger de la vie d’autrui et violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique», représentée par l’avocate Marianne Rostan.

«On dépose cette plainte pour qu’il y ait des investigations qui soient réalisées sur les conditions de cette intervention et que, le cas échéant, des responsables soient traduits en justice», déclarait alors l’avocate à Ouest-France.

Après la découverte du corps de Steve le 29 juillet à moins d’un kilomètre du quai Wilson, le parquet de Nantes ouvre une instruction pour «homicide involontaire». Au même moment, le rapport de l’IGPN est publié. Selon ce dernier, il n’est pas «établi de lien entre l’intervention de la police et la disparition» de Steve Caniço, et «il n’y a pas à remettre en cause l’intervention collective des forces de l’ordre».

Un rapport qui a agacé l’opinion publique et qui est loin de clore l’affaire, où quatre procédures sont en cours, en plus du rapport de l’IGA commandité par Édouard Philippe.

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