«Nous ne demanderons rien à Washington»: les points forts de la conférence de presse de Poutine au G20

Le sommet que vient d’accueillir Osaka, a-t-il donné des résultats, et sur quoi ont débouché les rencontres bilatérales tenues? Lors d’une conférence de presse ce 29 juin, Vladimir Poutine a répondu à ces questions.
Sputnik

À l’issue des deux jours de sommet du G20 à Osaka, le Président Vladimir Poutine a donné une conférence de presse au cours de laquelle il est revenu sur l’événement en lui-même ainsi que sur ses rencontres bilatérales.

Sommet du G20

Tout en admettant que le sommet du G20 à Osaka, au Japon, n’a pas débouché sur des percées, le Président russe a déclaré que le format du Groupe des vingt avait prouvé sa nécessité et ce en dépit du scepticisme exprimé avant sa tenue.

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«Il y a des résultats. […] Il n’y a aucune percée, c’est vrai, mais, par exemple, tous les participants au forum ont confirmé leur aspiration à continuer à travailler sur le perfectionnement du système mondial de commerce, y compris de travailler sur les réformes de l’OMC. C’est déjà positif», a expliqué le Président.

Et d’attirer l’attention sur le fait que les participants avaient conclu qu’il était indispensable de contrer la diffusion des informations relatives au terrorisme sur la Toile.

Avec Trump, une rencontre «bonne» et «pragmatique»

Vladimir Poutine est revenu sur sa rencontre de 30 minutes tenue la veille avec le dirigeant américain la qualifiant de «bonne» et «pragmatique», ajoutant qu’elle avait permis d’aborder pratiquement tout le spectre des questions présentant un intérêt commun.

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Entre autres, ce sont les relations économiques, n’étant pas actuellement au plus haut, qui ont été abordées. A été constaté l’intérêt des milieux d’affaires américains pour le développement des relations économiques et commerciales avec la plus grande contrée du monde.

Abordant la perspective de nouvelles sanctions américaines, le Président russe a expliqué que le choix de sa politique envers Moscou était la prérogative de Washington, pointant que la Russie ne demanderait rien en ce sens.

«Pour sûr, nous ne demanderons rien à Washington, mais des accords existent», a-t-il précisé.

Les deux chefs d'État ont en outre abordé la situation dans différentes régions de la planète et, d’après Poutine, ces consultations ont été utiles.

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En ce qui concerne la Syrie, a-t-il expliqué, Moscou et Washington sont en dialogue permanent et leurs actions en matière de lutte contre le terrorisme sont bien coordonnées.

Parmi d’autres sujets abordés figurent notamment le Traité New Start de réduction des armes stratégiques, le Venezuela et l’ingérence présumée de la Russie dans les élections américaines.

May, Merkel…

Abordant la rencontre avec la Première ministre britannique Theresa May, Poutine a attiré l’attention sur le fait que cette réunion était nécessaire même si cette dernière quittait son poste. Il a jugé que ce petit geste avait été entrepris dans un sens positif et ne resterait pas sans résultat.

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Il a en outre souligné que les relations plein format entre Moscou et Londres ne devaient pas être suspendues en raison de l’affaire Skripal.

«Je pense que le bon sens triomphera. Je suis tout simplement persuadé que nous devons rétablir nos relations plein format. Cela a en outre été évoqué par des représentants des milieux d’affaires britanniques que j’avais récemment rencontrés à Moscou».

Avec la chancelière Angela Merkel, le Président russe a soulevé le thème du règlement dans le Donbass et, notamment, la poursuite du travail au Format Normandie (Allemagne, France, Russie, Ukraine).

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«En gros, je suis d’accord avec la chancelière que nous devons user de tous les instruments qui ne sont pas très nombreux», a-t-il déclaré, précisant que le Format Normandie était un de ces outils.

Il a toutefois ajouté que malgré le fait que sa nécessité soit reconnue, il lui manquait du concret et cela concernait même les délais.

Pétrole et OPEP+

La Russie et l’Arabie saoudite prônent la prorogation de l’accord OPEP+ sur la limitation de l’extraction du brut, a encore déclaré le Président russe.

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«En ce qui concerne la rencontre avec le prince héritier [d’Arabie saoudite, ndlr], nous avons abordé la possibilité de prolonger nos accords avec l’OPEP en matière de limitation de l’extraction. Nous avons convenu de proroger nos accords. Au moins, nous, la Russie et l’Arabie saoudite, soutiendrons cette prorogation», a expliqué le chef d'État.

Et de préciser que Moscou et Riyad examinaient un prolongement de six à neuf mois.

75e anniversaire de la Victoire à Moscou et invitation des dirigeants étrangers

Le 28 juin, le Président russe a convié ses homologues étrangers, notamment Emmanuel Macron et Donald Trump à assister en 2020 aux célébrations du 75e anniversaire de la Victoire sur l’Allemagne nazie qui seront organisées en Russie. Commentant cette invitation lors de la conférence de presse, Poutine a souligné que la décision de venir ou pas appartenait aux dirigeants étrangers.

«Qu’ils viennent ou pas ce n’est pas notre question. Notre question est d’inviter. Nous respectons nos partenaires et nous soulignons constamment le rôle joué par nos alliés pendant la lutte contre le nazisme. Pour cela, nous serons contents s’ils acceptent l’invitation. Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas critique. De toute façon, nous célébrerons dignement cette occasion», a encore expliqué Poutine.

Le 14e sommet du G20 s’est tenu dans la ville japonaise d’Osaka les 28 et 29 juin sur fond de désaccords entre les dirigeants mondiaux concernant notamment le commerce et le climat.

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