Ces «sociétés douteuses» qui louent des aéronefs à l’Armée française

Dans le cadre de ses opérations en Afrique, n’ayant pas assez d’avions à disposition, l’Armée française est parfois contrainte de recourir aux services de compagnies aériennes privées de sinistre réputation, rapporte Le Monde.
Sputnik

Faute de disposer de suffisamment d’avions, les forces armées françaises font appel à des sociétés privées opaques pour acheminer ses soldats en Afrique dans le cadre des opérations Barkhane et Sabre, relate le quotidien Le Monde.

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Dans un long article, le journal cite plusieurs de ces compagnies à la réputation parfois douteuse qui louent leurs services à l’Armée de la République. Tel est le cas de la société Air Attack Technologie, habilitée «confidentiel défense» depuis octobre, dont le siège se trouve dans un «hangar banal sur l’aéroport de Marseille-Provence» et dont le patron Cédric Soriano avait été mis en examen entre autres pour «importation illicite et trafic d’armes».

La compagnie ukrainienne Expedition Aviation fournit ses appareils à l’opération Barkhane. Or, comme le révèle Le Monde, ses avions sont loués auprès de sociétés géorgiennes ou russes.

«C’est ainsi qu’un hélicoptère Mi-8 utilisé pour le transport de troupes françaises au Sahel est fourni et opéré par l’entreprise Panh, dont le siège se trouve à Krasnodar, dans le sud de la Russie», explique le journal.

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Le Monde évoque également une compagnie arménienne, Skiva Air, interdite de vol dans son propre pays et dont les appareils «ont navigué dans les zones les plus troubles». «Ils ont livré des armes à des chefs de guerre et, désormais, l’un de ses appareils transporte des soldats français au Mali», pointe le quotidien.

«Sur les bases militaires françaises au Sahel, on peut ainsi croiser un patron d’AAT sorti de prison […], des mécaniciens nonchalants, des aéronefs hors d’âge et interdits de vol dans l’espace aérien occidental», poursuit le média.

Certains de ces appareils sont exhumés des cimetières d’aéronefs, quand d’autres sont opérés par des compagnies placées sur la liste noire de l’Union européenne. La sécurité des commandos français lors de leurs déplacements aériens au Sahel reste ainsi «préoccupante», conclut Le Monde.

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