Avec High Flight, la Seconde Guerre mondiale racontée par ceux qui l'ont vécue

Depuis des années, l'association «High Flight» accumule les témoignages des derniers combattants de la Seconde Guerre mondiale, filme des entretiens avec les vétérans et les met en ligne. Premier volet abordé par l'association: l'escadrille Normandie Niémen. Pierre Bacara, qui a lancé le projet, explique à Sputnik France ses motivations.
Sputnik

Un avion, pas plus gros qu'un moustique sur le carreau de notre fenêtre, vole à travers les nuages. Terriblement seul. Un chevalier sans peur et sans reproche dans les cieux menaçants. Ce sont les premières images du film de l'association «High Flight» intitulé «Entretien avec Stanislav Alexandrovitch Zvezdov». 

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Mais cet avion ne reste pas longtemps seul. On en voit un autre, tout aussi petit, percer les cumulus sombres, puis encore un. Et du coup, on a tout de suite moins peur pour le brave pilote. C'est cette camaraderie et ce soutien qu'ont apportés aux aviateurs soviétiques les pilotes français de la fameuse escadrille «Normandie Niémen» lors de la Seconde Guerre mondiale. Ce sont ces graines de témoignages des derniers survivants du conflit mondial qu'amassent, sans compter ni leur temps ni leurs efforts, Pierre Bacara et Katia Gorskaïa.

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Dans les documents officiels, «High Flight» est qualifiée de «complexe multimédia», puisque la finalité de chacun des entretiens que réalise l'association est de nourrir la base documentaire ou la «banque de mémoire» multimédia placée sur le site Internet de l'association. Mais, dans la réalité, nous entendons des voix des hommes qui racontent, simplement, la guerre.

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Stanislav Alexandrovitch Zvezdov, par exemple, fait partie des quinze premiers témoins du projet Normandie Niémen. La franchise de ses souvenirs d'enfant et d'adolescent, où se dévoilent la montée de l'appréhension qui a précédé le déclenchement de l'opération Barbarossa, l'invasion de l'Union soviétique par les nazis en 1941, touche plus qu'une fiction pleine d'artifices cinématographiques. Son témoignage sur la période de service à bord d'un sous-marin en opération de guerre en mer Baltique, au moment des offensives de l'Armée rouge contre la Wehrmacht en Prusse-Orientale et en Pologne, ajoute une authenticité essentielle aux images de la guerre.

«Il peut paraitre étonnant qu'avec 26 entretiens filmés, il n'y en a qu'un seul en ligne, explique Pierre Bacara, journaliste géopolitique et réalisateur du projet. Mais les vétérans de la Seconde guerre mondiale sont âgés, il est urgent de les filmer. Nous avons privilégié les tournages et les entretiens filmés, la diffusion multimédia viendra après.»

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L'entretien avec Stanislav Zvezdov est le premier à avoir été monté et mis en ligne. Chaque interview capturée fait l'objet d'une recherche historique approfondie pour placer les témoignages dans leur contexte historique et pour comparer ces témoignages (personne n'est infaillible!) à des faits fiables. On les traduit en français si nécessaire, on les sous-titre en français, puis les affichons sur le site Internet du projet. Et, c'est essentiel, le tout est en accès libre et sans mot de passe.

«Les témoignages s'accumulent, il va falloir les diffuser, détaille Pierre Bacara. En 2019 et début 2020, nous allons diffuser 25 de nos entretiens filmés avec les rédactionnels sur le contexte, les fiches thématiques et les cartes géographiques.»

Le travail de recensement et de collecte d'images ne s'arrête pas, pas plus que ne s'arrête dans le ciel le ballet à Compiègne des chasseurs Yak-3 du groupe Normandie Niémen, entretenus par les enthousiastes, notamment, dans le Musée de l'Air et d l'Espace en France. On découvre désormais un phénomène radicalement nouveau dans le paysage audiovisuel français: la base multimédia mémorielle.

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Une aventure humaine riche se développe en parallèle au projet lui-même:

«Nous avons une relation fusionnelle et proche avec les vétérans, se réjouit Pierre Bacara. Au départ, la direction de notre projet était un peu floue. A force de collaborer avec les vétérans, nous nous sommes immergés dans leur univers et leur histoire. »

En attente, le second projet, qui n'a pas encore reçu son nom de baptême, sera consacré aux Forces françaises libres, les FFL, fondées par le général de Gaulle à Londres le 1er juillet 1940. Pour tous ceux qui veulent connaître la vérité sans fard sur la Seconde Guerre mondiale, les portes sont grand ouvertes, entrez…

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