Philippot: «On a proposé une liste commune à l’UPR, la balle est dans leur camp»

Florian Philippot, président des Patriotes, a confirmé à Sputnik avoir proposé «une alliance de circonstance» à l’UPR de François Asselineau en vue des élections européennes. Les deux partis sont en effet les seuls à proposer le Frexit. De son côté, l’UPR confirme des discussions en interne, «mais rien de plus».
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Le Frexit, «ça vaut plus que tout le reste».

Invité de France Inter le 23 avril, Florian Philippot, président des Patriotes, a exprimé son souhait de faire liste commune avec l'Union populaire républicaine (UPR) de François Asselineau pour les Européennes du 26 mai. Le 23 avril, s'ouvraient également les dépôts de liste. Une période qui prendra fin le 3 mai.

​Le baromètre Ifop-Fiducial du 23 avril pour Paris Match, CNews et Sud Radio montre que les deux formations sont en progression. Les Patriotes obtiendraient 2,5% des intentions de vote (+0,5%) quand l'UPR serait à 1,5% (+0,5%).

​Si une marge d'erreur existe et que la dynamique est encourageante, aucun des deux partis n'atteint les 5% nécessaires à l'obtention d'au moins un siège en France, comme l'expliquent nos confrères du Figaro: «Après avoir obtenu 5% des suffrages exprimés, un quotient électoral est calculé. Pour cela, on divise le nombre de suffrages reçus par le nombre de sièges à pourvoir (79). Ensuite, le total des voix récoltées est divisé par le quotient électoral pour connaître le nombre de sièges attribués à chaque liste. C'est la "méthode d'Hondt". Pour déterminer à quels candidats seront accordés les sièges, on suit l'ordre de présentation de la liste.»

Un mode de scrutin et d'attribution des sièges qui rend intéressant une alliance, assure Florian Philippot au micro de Sputnik France:

«Il ne s'agit pas de nier nos différences ou de fusionner. Il s'agit d'être à la hauteur de l'enjeu pour ces élections européennes. Si ni l'UPR ni Les Patriotes n'obtiennent d'élus, aucun député européen français ne portera l'idée du Frexit.»

S'il indique qu'il n'y a à ce stade pas de «discussion directe», Florian Philippot nous a confirmé qu'une proposition de liste commune avait été transmise aux responsables de l'UPR le 19 avril dernier. D'après lui, «des cadres importants de l'UPR sont favorables à cette idée». Des propos que ne souhaite pas commenter Charles-Henri Langlois, trésorier et responsable national à l'UPR et contacté par Sputnik France:

«Tout ce que je peux dire, c'est qu'il y a des échanges en interne concernant la proposition des Patriotes. Mais rien de plus.»

Il faut dire que des passes d'armes ont déjà opposé François Asselineau et Florian Philippot. «Ce type est un escroc. Il m'a volé toutes mes idées pour se les approprier. Si ce garçon était honnête, il aurait démissionné de son mandat européen acquis grâce au FN. Il aurait ensuite pu prendre sa carte à l'UPR. Mais chez nous, il y a des gens de gauche. Ça aurait mis le bazar», tempêtait le président de l'UPR le 22 octobre dernier dans Le Figaro.

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Sur notre plateau, en février dernier, Florian Philippot assurait «n'avoir aucune preuve de souverainisme à donner» et affirmait que ses engagements contre l'Union européenne dataient d'avant 2007 et la création de l'UPR.

«Ce n'est en aucun cas une fusion que je propose. Il s'agirait d'un accord strictement en vue des Européennes. L'UPR et Les Patriotes ont des positions qui varient sur un certain nombre de sujets, notamment l'immigration. Nous sommes également pour une augmentation du Smic de 300 euros et une poursuite du nucléaire. C'est une alliance de circonstance que je souhaite. L'objectif principal est que la France sorte de l'Union européenne», martèle le président des Patriotes.

Il ne reste pas beaucoup de temps aux deux mouvements pour se mettre d'accord. Ce qui semble, à ce stade, loin d'être fait. Les candidats ont jusqu'au 3 mai pour déposer leur liste, mais une telle alliance nécessiterait un délai pour l'organiser.

«Pour des raisons administratives, le temps nous est compté. Nous avons transmis une proposition en bonne et due forme à l'UPR. Maintenant, la balle est dans leur camp», conclut Florian Philippot.

 

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