Quand l’Équateur sort la carte «russe» pour justifier l’arrestation d’Assange

À peine Julian Assange avait-t-il été arrêté à l’ambassade équatorienne de Londres, que les autorités de ce pays sud-américain criaient aux «hackers russes», lesquels sont de mèche avec WikiLeaks pour «déstabiliser le pays». La Main du Kremlin œuvre-t-elle déjà contre l’Équateur?
Sputnik

Que les faits se déroulent à Londres ou en Équateur, tous les chemins mènent à Moscou. Julian Assange, arrêté ce jeudi à l'ambassade d'Équateur à Londres, était lié à des hackers russes, affirment les autorités de ce pays sud-américain. Dans la foulée, elles ont accusé «les soutiens de WikiLeaks et deux hackers russes d'avoir tenté de déstabiliser le pays», relate Associated Press.

Épine dans le pied des États-Unis, Julian Assange était dans le collimateur américain depuis des années. Les révélations des programmes d'espionnage de la CIA, des mails d'Hillary Clinton rendus publics en pleine campagne électorale, des documents secrets de l'armée américaine… Washington a été loin de pardonner ces coups durs au nom de la liberté de la presse.

Le moment de l’arrestation d’Assange, méconnaissable, dans une ambassade à Londres (vidéo)
Au fur et à mesure que le lanceur d'alerte publiait ses révélations, la CIA, incapable de l'atteindre à l'ambassade équatorienne, a changé de tactique, s'efforçant de décrédibiliser les informations diffusées par WikiLeaks, puis de présenter Julian Assange comme un «agent du Kremlin».

Mais si le précédent gouvernement équatorien restait ferme face aux pressions de Washington, le socialiste Lenin Moreno, arrivé au pouvoir en 2017, s'est courbé devant l'Oncle Sam. Plus encore: dans les meilleurs traditions américaines, il est allé jusqu'à trouver dans l'affaire la Main du Kremlin. Comme quoi, serait-il impossible d'imaginer une personne agissant en toute liberté pour dénoncer les complots et l'espionnage des autorités états-uniennes?

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