Finita la commedia. La Ligue de Salvini est «sous l’ombre du Kremlin»

Matteo Salvini est-il un personnage malséant qui ne colle pas avec la pensée unique et la perception du monde occidentale? Et que faire, si tel est le cas? Bon sang mais c'est bien sûr: «détecter» ses liens «occultes» avec la Russie! En voilà une bonne idée.
Sputnik

Prenez garde à ne jamais aller à l'encontre des règles implicites respectées par les puissances occidentales. L'erreur qu'a commise le ministre italien de l'Intérieur en soutenant trop activement la Russie et en coopérant avec elle lui a coûté cher: il doit faire face à des accusations selon lesquelles il tremperait… correct, dans une «affaire russe». Ce genre d'attaques semble devenir une tradition, après les traces «russes» dans l'affaire Benalla, toute sorte d'élections où n'est pas sorti vainqueur le candidat souhaité et globalement dans toute affaire où quelque chose a mal tourné, selon cette logique unique.

Matteo Salvini éclate en critiques contre les sanctions antirusses, «absurdité sociale, culturelle et économique», se rend en Russie et laisse son pays coopérer avec ce pays mis au ban… Et voilà comment lui, qui ne s'inscrit pas dans les standards de la pensée unique, se retrouve dans le collimateur de deux journalistes italiens, Giovanni Tizian et Stefano Vergine, qui dénoncent dans leur livre les «financements occultes» de la Ligue (financements qui seraient bien évidemment d'origine russe).

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Les journalistes italiens ont creusé plus profondément dans les «obscures sources de financement» du parti de Matteo Salvini dans leur «Livre noir de la Ligue», à paraitre début mars en Italie. Au premier rang des révélations, en particulier, un voyage de Salvini à Moscou en 2018. Nota bene: il ne faut jamais se rendre en Russie si l'on est une personnalité politique européenne, en voici le prix.

Au second: le triomphe de Salvini aux élections régionales dans les Abruzzes et en Sardaigne (avec un large soutien des électeurs: bonne occasion d'y trouver une «implication» de la Russie).

Ainsi, les journalistes de L'Espresso décryptent les liens «occultes» avec force détails et chiffres dans l'article «Les entreprises des garçons de Salvini sous l'ombre du Kremlin». Selon eux, son séjour en Russie en octobre 2018 aurait eu pour but de réaliser une énorme transaction… En avez-vous deviné l'objectif? Bien sûr, financer les besoins électoraux de la Ligue à l'approche des Européennes.

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Un de ses associés aurait négocié un contrat de livraison de 250.000 tonnes de gasoil par mois durant un an par la société Rosneft à l'italienne ENI. L'opération se serait déroulée dans l'enceinte de l'hôtel Metropol, dans la capitale russe. A la fin des fins, d'après les journalistes, la bagatelle de 3 millions d'euros (ce qui représenterait 4% des fonds en jeu) devait être allouée à la Ligue afin de «financer la campagne électorale» de Salvini.

Pourquoi tant d'incertitude entourant l'affaire, malgré toutes ces précisions? Les auteurs du livre recourent au conditionnel, n'étant pas sûrs que l'accord ait été conclu, ce qu'admettent également les médias mainstream. Mais sont-ils alors sûrs d'autres détails?

Rosneft et ENI ont pour leur part démenti ces informations.

En même temps, Matteo Salvini reste fidèle à lui-même avec des propos qui causent habituellement beaucoup de problèmes chez ceux dont il ne respecte pas les règles:

«On veut me poursuivre et me condamner mais moi je ne lâche pas et j'avance droit comme un train», déclare-t-il.

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