«L’UE appelle à un dialogue qui donne tout aux Albanais et ne laisse rien aux Serbes»

Après le refus de Pristina de lever ses taxes de 100% sur les produits importés de Serbie et de Bosnie-Herzégovine, et celui de Belgrade de négocier avant la prise de cette mesure, l’échec de Bruxelles comme médiateur aux négociations sur le Kosovo semble être évident, sauf pour l’UE. Une politologue serbe commente la situation pour Sputnik.
Sputnik

À l'approche des élections au Parlement européen, Pristina refuse toujours d'annuler ses taxes douanières sur les produits importés de Serbie et de Bosnie-Herzégovine, alors que Belgrade déclare son refus de négocier tant que ces taxes ne seront pas levées. Dans cette situation, le Commissaire européen à l'élargissement et à la politique européenne de voisinage, Johannes Hahn, a proposé d'inscrire tout simplement le dialogue sur les taxes à l'ordre du jour des négociations.

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Les Albanais kosovars n'écoutent rien qui émane de l'Union européenne parce qu'ils ne prêtent attention qu'à l'administration américaine, a indiqué à Sputnik la politologue serbe Jelena Vukoicic, déclarant ne voir dans la proposition de Johannes Hahn que de «l'hypocrisie bruxelloise classique».

«À chaque fois que les Albanais kosovars freinaient le dialogue, quand ils recouraient au chantage, à des menaces et à des provocations pour contraindre la Serbie à se rendre, l'UE se mettait à "distribuer des coups de poing" et on ne sait pas pourquoi, tant à Belgrade qu'à Pristina, ou à appeler les deux parties à apaiser les passions et à poursuivre le dialogue», a rappelé l'interlocutrice de l'agence.

Et d'ajouter que cette dernière proposition de Bruxelles n'était qu'une exigence dissimulée de la capitulation de la Serbie.

«Nous voyons qu'ils [l'UE, ndlr] ne cessent de fermer les yeux sur ce que font les Albanais, tout en insistant pour que Belgrade poursuive sa participation aux négociations. […] On pourrait en conclure que l'UE appelle à un dialogue qui donne tout aux Albanais et ne laisse rien aux Serbes», a poursuivi Mme Vukoicic.

Selon cette dernière, tous les efforts de Bruxelles tendent manifestement à ce que la Serbie reconnaisse le Kosovo et que cette république autoproclamée soit finalement acceptée au sein de l'Onu.

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«Le dialogue auquel appelle Bruxelles n'est aucunement un dialogue. Ce sont des pressions exercées sur Belgrade déjà depuis de longues années pour que nous reconnaissions ce que l'Occident a d'ores et déjà "fabriqué", pour qu'on "reconnaisse une réalité dans laquelle le Kosovo soit un État indépendant"», a expliqué la Serbe.

Et de résumer que seuls des hommes politiques serbes acceptant d'avance leur défaite auraient pu se mettre à la table des négociations dans ces conditions.

Pristina a introduit des taxes douanières de 100% sur les produits importés de Serbie et de Bosnie-Herzégovine, déclarant qu'il ne lèverait ces sanctions que lorsque la Serbie aurait reconnu l'indépendance du Kosovo.

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