À Rome, pas de concorde sur la présidence du Venezuela

L’Italie ne reconnaît pas le «Président par intérim» du Venezuela, Juan Guaido, et s’oppose à l’ingérence étrangère dans les affaires d’autres pays, selon le secrétaire d'État italien des Affaires étrangères, Manlio Di Stefano. Cependant un autre secrétaire d'État, Guglielmo Picchi, estime que «la présidence de Maduro est terminée».
Sputnik

L'Italie s'oppose à l'ingérence étrangère dans les affaires vénézuéliennes, a annoncé jeudi le secrétaire d'État italien des Affaires étrangères Manlio Di Stefano.

«L'Italie ne reconnaît pas Guaido parce que nous sommes absolument contre le fait qu'un pays ou un groupe de pays tiers puissent définir la politique intérieure d'un autre pays. Cela s'appelle le principe de non-ingérence et il est reconnu par l'Onu», a-t-il déclaré jeudi soir en direct sur la chaîne de télévision Tv2000.

Il a ajouté que l'objectif majeur consistait à prévenir la guerre au Venezuela.

«La même erreur a été commise en Libye et elle est reconnue aujourd'hui par tous. Nous devons éviter que la même chose arrive au Venezuela», a signalé l'homme politique représentant le Mouvement 5 étoiles.

M.Di Stefano avait précédemment critiqué la position de l'UE à l'égard du Venezuela et avait proposé que Rome assume la médiation entre les partisans du Président en exercice Nicolas Maduro et l'opposition.

Presque simultanément, un autre secrétaire d'État italien des Affaires étrangères, Guglielmo Picchi, représentant le parti La Ligue qui fait partie du gouvernement de coalition avec le Mouvement 5 étoiles, a affiché une position opposée sur le Venezuela. Il a annoncé via Twitter que son parti estimait que «la présidence de Maduro est terminée» et qu'il fallait convoquer de nouvelles élections en présence d'observateurs indépendants.

Le chef de la diplomatie italienne, Enzo Moavero Milanesi, a déclaré mercredi que Rome partageait entièrement la position de l'Union européenne sur la crise au Venezuela et a appelé à organiser des élections présidentielles «libres et transparentes».

Le Parlement européen a approuvé jeune la résolution reconnaissant Juan Guaido comme «Président par intérim légitime» et a appelé le service diplomatique de l'UE et les pays membres à adopter une décision similaire.

Ultimatum de 8 jours: Nicolas Maduro rétorque aux pays européens, dont la France
L'opposant Juan Guaido, renvoyé le 22 janvier du poste de président de l'Assemblée nationale vénézuélienne sur décision de la Cour suprême, s'est autoproclamé mercredi «Président en exercice» du pays et a prêté serment pendant une manifestation à Caracas. Donald Trump l'a reconnu comme «Président par intérim».

Le 27 janvier, la France, l'Espagne, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la Belgique ont annoncé qu'ils seraient prêts à reconnaître Juan Guaido comme Président du Venezuela, si aucune élection n'était annoncée dans un délai de huit jours.

Nicolas Maduro a estimé que les États-Unis avaient essayé d'organiser un coup d'État au Venezuela et a rompu les relations diplomatiques avec ce pays.

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