Le Nouvel An berbère fêté à Moscou par la communauté algéro-tunisienne (photos)

La communauté algéro-tunisienne de Moscou a, à l’image de toutes les autres communautés berbérophones du monde, fêté le Nouvel An berbère, Yennayer 2969, le samedi 12 janvier. Sputnik a recueilli les impressions de certains participants à cet évènement.
Sputnik

Pas moins d'une cinquantaine de ressortissants algériens et tunisiens se sont réunis le samedi 12 janvier dans un restaurant moscovite à l'occasion du Nouvel An berbère, Yennayer 2969. Étudiants, ingénieurs, médecins, musiciens, journalistes et autres sont venus participer à cette rencontre festive qui revêt cette année, en particulier pour les Algériens, une importance toute particulière. En effet, après la constitutionnalisation en 2016 en Algérie de la langue berbère, le tamazight, comme langue nationale et officielle, après la consécration de Yennayer en 2017 comme fête nationale [chômée et payée, ndlr], la fin de l'année 2018 a vu l'inauguration de l'académie berbère. Cette étape est considérée comme décisive dans le processus de réhabilitation de la langue et de la culture berbères dans le pays, entamé depuis quelques années à l'initiative du Président Abdelaziz Bouteflika.

Après un repas copieux, suivi de chants et de danse traditionnelle, les Amazighes de Moscou ont également échangé au sujet de l'importance de la symbolique de cette fête ancestrale.

Le docteur Mahmoud Ould Slimane, le troisième en comptant de gauche à droite

Présent à cette rencontre, Mahmoud Ould Slimane, docteur et chef de service en chirurgie à l'hôpital de Kolea en Algérie, actuellement à la retraite, a commenté pour Sputnik l'intérêt que la fête de Yennayer représente pour toute la population amazighophone du nord de l'Afrique. Pour cet ancien étudiant de Russie, président fondateur de l'Association nationale des diplômés algériens de Russie, cette journée est aussi une occasion d'évoquer l'avenir de l'Algérie.

«La fête de Yennayer a une signification particulière, à mon sens, d'autant plus qu'elle s'inscrit dans la série de la réhabilitation de la langue amazighe, de la culture et de l'identité algérienne», a-t-il déclaré. «Elle permet aux Algériens de renouer et de se réconcilier avec eux-mêmes, de revoir leur histoire et sa profondeur, de se réapproprier leur culture, leurs traditions et cela constitue, à mon sens, un ciment pour l'unité de tous les Algériens», a-t-il ajouté.

Selon M.Ould Slimane, l'espace culturel et civilisationnel de l'Algérie est l'espace méditerranéen. Le bassin méditerranéen a été, rappelle-t-il, le carrefour de plusieurs civilisations de cultures et de religions qui ont rayonné sur le monde entier. Et c'est dans cette optique que les décisions prises par le Président Bouteflika concernant la réhabilitation de la langue et de la culture berbères revêtent une importance stratégique, a-t-il encore soutenu. Car ces décisions, selon lui, permettront à l'Algérie de revenir à l'essence de sa culture et de son histoire et d'avoir la plateforme nécessaire pour le développement et l'acquisition de la science, de la technologie et de la culture universelle.

Femmes berbères

«Je pense que les décisions prises par le Président de la République sont courageuses et, peut-être, elles resteront dans l'histoire», a-t-il affirmé avant d'ajouter qu'il «reste convaincu que l'avenir de l'Algérie sera meilleur dans peu de temps, parce qu'on assiste à une prise de conscience rapide des jeunes qui sont assoiffés de connaissances et qui veulent que leur pays soit hissé au niveau des pays développés».

Berbères

Évoquant l'inauguration de l'Académie algérienne de la langue berbère, Mahmoud Ould Slimane a indiqué que cette dernière «a un rôle capital dans la normalisation et la standardisation de la langue dans toutes ses variétés». Son rôle est de faire en sorte «que cette langue puisse devenir réellement […] une langue d'acquisition du savoir scientifique, du savoir culturel», a-t-il conclu.

Pour sa part, Ammour Salem, linguiste et interprète d'origine algérienne, l'un des membres les plus actifs de la communauté berbère à Moscou et organisateur de cet événement, a vu en cette journée une occasion de faire connaitre la culture amazighe en Russie, son pays d'adoption.

«C'est pas la première fois qu'on organise ce genre de festivités. On essaie à chaque occasion de montrer la culture algérienne et la culture berbère», a-t-il confié en insistant sur le fait que les berbères s'intégraient facilement en Russie, pays multiculturel, multi-religieux et multiethnique, où la culture du vivre ensemble est une expérience réelle vécue au quotidien.

Ammour Salem, l'organisateur de la fête de Yennayer à Moscou
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