Vague de mobilisation en France pour soutenir l’Aquarius et le sauvetage des migrants

Près d’un millier de personnes se sont rassemblées à Paris pour témoigner leur soutien à l’Aquarius, le navire qui vient en aide aux migrants en mer, affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans frontières. D’autres mobilisations ont également eu lieu en France et en Europe.
Sputnik

L'appel de SOS Méditerranée a été entendu à Paris. Près d'un millier de personnes se sont rassemblées (10.000 selon les organisateurs), ce samedi 6 octobre à Paris, pour manifester leur soutien à l'ONG qui affrète, en partenariat avec Médecins sans frontières (MSF), l'Aquarius. En effet, le bateau qui vient en secours aux migrants en mer est arrivé jeudi 4 à Marseille et est menacé de rester à quai faute de pavillon. L'ONG dénonce une manœuvre politique dans une pétition pour «sauver l'Aquarius» qui a déjà recueilli, à ce jour, 232.000 signatures.

«Ces derniers mois, la mission de recherche et sauvetage de l'Aquarius a été l'objet de manœuvres politiques délibérées visant à y mettre fin. Le navire s'est vu retirer deux fois son pavillon en un mois: d'abord par Gibraltar, puis par le Panama. En empêchant l'Aquarius d'opérer, d'autres vies seront perdues aux portes de l'Europe, des vies perdues en silence, alors que l'Europe ferme les yeux.»

L'ONG rappelle dans sa pétition que l'Aquarius a secouru, en 31 mois, 29.523 personnes lors de 230 opérations de sauvetage. C'est cette mission que souhaitent voir perdurer les manifestants qui étaient présents lors du rassemblement parisien.

«L'Europe est en train de faire face à un moment absolument historique par rapport au reste du monde, son rapport à la peur, son rapport au droit, à la justice et à l'humanité. Un petit bateau comme ça, ça peut avoir l'air symbolique et anecdotique mais en fait c'est absolument énorme», explique une militante.

Des rassemblements se sont également tenus dans d'autres villes françaises, notamment à Marseille où près de 3.000 manifestants se mobilisés, et en Europe dans des villes comme Berlin, Bruxelles ou Madrid pour réclamer un «pavillon pour l'Aquarius».

​La veille du rassemblement, le siège situé à Marseille de SOS Méditerranée a été envahi vendredi après-midi par des militants du groupe Génération identitaire. Les militants ont déployé une banderole sur la façade du bâtiment accusant l'ONG d'être «complice du trafic d'êtres humains». 22 militants ont été mis en examen pour «violences en réunion», «séquestration», «participation à un groupement en vue de commettre des violences» et «enregistrement et diffusion d'images violentes», a indiqué le procureur de Marseille Xavier Tarabeux, à l'AFP. Romain Espino, porte-parole de Génération identitaire, assure quant à lui que les militants ont occupé les lieux «pacifiquement».

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