«L’ère des excès»: les USA poussent la Turquie dans les bras de la Russie et de la Chine

Les relations entre les Etats-Unis et la Turquie se dégradent rapidement ces derniers temps.
Sputnik

Ce 10 août, les USA ont annoncé la multiplication par deux des taxes sur l'aluminium et l'acier importés de Turquie, ce qui a engendré une baisse conséquente de la livre turque, et a gelé les fournitures de chasseurs F-35 à la république en réponse à la réticence d'Ankara à renoncer à l'achat de missiles antiaériens S-400 russes, écrit jeudi le quotidien Izvestia.

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Les autorités turques ont à leur tour appelé les USA à mettre un terme à l'«époque d'exactions», ont publiquement parlé de l'absence des perspectives de la pression économique sur la Turquie, ont refusé d'adhérer aux sanctions contre la Russie, ont menacé de chercher de nouveaux alliés pour passer aux paiements en monnaie nationale avec les plus grands partenaires commerciaux, dont la Chine, la Russie, l'Iran et l'Ukraine. Cependant, la crise ne concerne pas seulement deux pays.

La Turquie est l'un des principaux partenaires d'affaires de l'UE. Non seulement en termes de livraison d'appareils électroniques Beco aux pays de l'UE et de tomates, mais surtout sur le plan financier. Ankara est l'un des principaux emprunteurs à l'UE: 20% des crédits contractés par la Turquie sont en euros. La présence des banques européennes est très forte dans ce pays, et elles ont subi des pertes considérables après la chute de la livre turque provoquée par les sanctions antiturques de Washington (jusqu'à 18% rien que vendredi 10 août).

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Selon la Bank for International Settlements (BIS), les établissements espagnols avec 80.898 milliards d'euros en circulation dans l'économie turque occupent la première place parmi les investisseurs de la zone euro. Les banques espagnoles représentent 36,2% de la somme totale de l'argent étranger en Turquie. Suivies par les banques françaises, qui ont investi 30.826 milliards d'euros. En troisième position — le secteur banquier italien avec 16.213 milliards d'euros.

La turbulence de vendredi de la livre a entraîné la chute de la BBVA, action de l'une des plus puissantes banques de l'Espagne, de 5,16%. Cette dernière contrôle 49,85% du capital de la deuxième plus grande banque privée de la Turquie — Garanti Bankasi.

Le même jour, 10 août, la banque italienne Unicredit, possédant 81,9% de la banque turque Yapi Kredi par l'intermédiaire de la société Koc Financial Services, a vu ses actions chuter de 4,73%. La BNP Paribas française a enregistré une baisse de 2,99% à cause des problèmes de son «protégé» Turk Ekonomi Banjasi.

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Les échos du séisme financier se sont fait sentir même au-delà de l'Europe. Ainsi, la roupie indienne a reculé jusqu'à 69,92 le dollar, pour la première fois en trois ans le dollar néo-zélandais est passé en dessous de 0,66 par rapport au dollar américain, le rouble a franchi la barre de 68 le dollar pour la première fois depuis 2016.

Donald Trump espérait manifestement que la Turquie n'aurait nulle part où aller, que pour redresser sa situation financière (dette publique à hauteur de 53,4% du PIB, l'inflation de 15%, le déficit budgétaire supérieur à 7%) Ankara serait contraint de demander l'aide au Fonds monétaire international (FMI), où Washington est Dieu le père. Mais… le FMI dit qu'Ankara n'a même pas tenté de contacter l'organisation concernant l'opération de sauvetage.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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