Algérie: le chef du FLN rappelle la position ferme de l’armée quant à la politique

Rappelant la position ferme de l’armée algérienne quant à sa non-intervention dans la politique, le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) a vivement réagit à l’appel du chef du Mouvement pour la société de Paix (MSP) adressé à l’institution militaire, l’invitant à assurer la gestion d’une phase de transition.
Sputnik

Djamel Ould Abbès, le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), le parti au pouvoir en Algérie, a fustigé l'appel à l'Armée nationale populaire algérienne (ANP) pour intervenir dans la vie politique du pays afin d'assurer «une transition démocratique souple et sécurisée» à l'aune de la prochaine élection présidentielle d'avril 2019. L'appel a été lancé par le président du Mouvement de la société de paix (MSP), Abderrazak Makri, compte tenu de l'état de santé du Président Abdelaziz Bouteflika que le FLN a appelé, ainsi que d'autres partis politiques, à briguer un cinquième mandat.

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«Laissez l'armée assumer ses missions. L'armée protège le pays, le territoire national et l'unité du peuple. L'armée ne va pas interférer dans la politique. Jamais», a déclaré, le 17 juillet, devant la presse le secrétaire général du FLN, en faisant référence aux récentes déclarations du général de corps d'armées Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'ANP et vice-ministre de la Défense nationale. «L'armée est aux frontières. Chaque jour, elle arrête les terroristes et les trafiquants de drogue. Qui a intercepté la cocaïne en haute mer, si ce n'est l'armée? (…) Le rôle de l'armée est très clair, protéger le pays», a-t-il martelé.

Répondant à l'appel du chef du MSP, M.Ould Abbès a affirmé que «ceux qui parlent de "transition démocratique" disent qu'ils veulent faire appel à l'armée, oh, doucement! Nous ne sommes pas dans une république bananière». «Ils se trompent! L'ANP émane du peuple. C'est le FLN qui a créé l'ALN [Armée de libération nationale, ndlr] d'où est sortie l'ANP», a-t-il martelé.

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Dans le même sens, faisant allusion que le MSP, par cet appel, chercherait à avoir des postes ministériels dans le prochain gouvernement qui sera installé après les élections présidentielles de 2019, le premier responsable du parti au pouvoir en Algérie a affirmé avoir rencontré des dirigeants de ce parti et autre, sans préciser la période, et a été catégorique avec eux sur cette question. «J'ai rencontré Makri, Soltani, Bengrina et Ghouini et je leur ai dit que celui qui est avec le programme du Président de la république est le bienvenu. C'est le minimum d'un consensus entre nous. Mais, pas de marchandage», a-t-il dit. «Dire qu'on vient pour avoir un poste de ministre, non. Le Président n'accepte pas cela», a-t-il souligné.

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Le 14 juillet, lors d'une conférence de presse au siège de son parti, Abderrezak Mokri avait appelé le vice-ministre de la Défense et chef d'état-major de l'ANP à «régler la crise qui secoue l'Algérie» et à organiser «une transition démocratique souple et sécurisée [d'une durée de 5 ans, ndlr]». «L'institution militaire doit être partie prenante dans le règlement de la crise actuelle», a-t-il insisté, assurant qu'«il y a des officiers qui sont conscients des dangers du maintien du statu quo actuel», faisant ici allusion à l'option d'un cinquième mandat au Président Bouteflika. «Subitement, on constate que l'option du 5e mandat s'affaiblit et la présence de l'institution militaire est de plus en plus visible. Il y a des transformations importantes. S'il n'y a pas de 5e mandat, quelle est alors l'alternative?», s'était-il interrogé.

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Lors de la cérémonie de sortie de nouvelles promotions à l'Académie militaire de Cherchell, les 30 juin et 1er juillet 2018, Ahmed Gaïd Salah avait déclaré qu'«il est indubitable que la haute estime dont jouit l'ANP fait que ses valeureux éléments se retrouvent à l'avant-garde des forces vives à qui échoit la responsabilité de protéger l'Algérie et de la défendre». «Comme ils demeureront attachés à la préservation de son caractère républicain, au plein accomplissement de leurs missions constitutionnelles», a-t-il ajouté, cité par la revue El Djeich dans son numéro de juillet 2018.

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