Si Alger est d’accord, Beghal partira en Algérie, sinon il sera «assigné à résidence»

À sa sortie de prison, Djamel Beghal «doit repartir en Algérie». C’est ce qu’a déclaré la ministre française de la Justice, le 13 juin. La responsable a dévoilé l’existence de discussions avec les autorités d’Alger pour le renvoi de Beghal, qui ne jouit plus de la nationalité française, en Algérie. Alger n’a pas encore donné son accord.
Sputnik

La ministre française de la Justice et garde des sceaux, Nicole Belloubet, a déclaré le 13 juin dans un entretien avec France inter, que ses services étaient en discussion avec les autorités algériennes sur la question du renvoi en Algérie de l'islamiste Djamel Beghal à sa sortie de prison à la mi-juillet. Selon elle, si la demande française ne trouve pas de suite favorable auprès du gouvernement algérien, Djamel Beghal sera assigné à résidence en France.

​«D'une part il va sortir de prison [Djamel Beghal, ndlr] sa peine va se terminer, et comme vous le savez nous souhaitons qu'il puisse retourner en Algérie», a déclaré la ministre en précisant qu'il «a une interdiction de territoire français, qui a été judiciairement prononcée, donc il doit repartir en Algérie».

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La responsable française a expliqué que pour l'instant cette question était juste en phase de discussion avec les autorités d'Alger. «Nous travaillons avec les Algériens pour qu'ils accueillent Beghal qui n'a plus la nationalité française, puisqu'il y a eu une déchéance de nationalité à son encontre», a affirmé Mme Belloubet, en soulignant que «ce n'est pas acquis au moment où je vous parle».

En conclusion la ministre française a signalé que «si l'Algérie n'en veut pas, il sera assigné à résidence». «Ce qui importe, c'est que ces personnes-là soient sous surveillance constante», a-t-elle indiqué.

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La justice française a condamné deux fois Djamel Beghal. La première condamnation a eu lieu en 2005, pour avoir préparé des attentats contre l'ambassade des États-Unis à Paris, où il écopé de 10 ans de prison ferme. La deuxième a eu lieu en 2013 pour avoir planifié, en 2010, l'évasion de Smaïn Aït Ali Belkacem, condamné à perpétuité pour l'attentat à la station RER Musée d'Orsay en 1995 à Paris. La sentence était aussi de 10 ans de prison.

Djamel Beghal est également soupçonné d'être le mentor des frères Mohamed et Chérif Kouachi, auteurs de l'attaque terroriste contre le journal Charlie Hebdo en janvier 2015 à Paris.

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Pour mémoire, Tayeb Louh, ministre algérien de la Justice et garde des sceaux, a déclaré, le 28 mars au cours d'une conférence de presse, rapportée par le journal Echourouk El Yaoumi, que «l'Algérie n'extradera aucun individu se trouvant sur son sol, et détenant la nationalité algérienne, pour être jugé en France ou dans d'autres pays pour terrorisme, trafic de drogue ou autres crimes graves». «La loi algérienne est claire, et elle interdit d'extrader tout citoyen algérien demandé en jugement à l'étranger», a affirmé le ministre, en précisant qu'il s'agissait d'un «principe fondamental auquel l'Algérie ne renoncera pas».

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