La Hongrie évoque les conditions du blocage de la tenue du sommet Ukraine-Otan

Si les autorités ukrainiennes ne révisent pas la loi sur l'éducation qui porte atteinte aux droits des minorités nationales, dont les Hongrois de Transcarpatie, Budapest fera tout pour empêcher Kiev de participer au sommet Ukraine-Otan qui doit avoir lieu cet été à Bruxelles, a indiqué le ministre hongrois des Affaires étrangères Péter Szijjártó.
Sputnik

La Hongrie bloque la convocation du sommet Ukraine-Otan
Budapest a promis de bloquer la tenue du sommet Ukraine-Otan qui doit se tenir en juillet avec la participation du Président ukrainien Piotr Porochenko, a déclaré Péter Szijjártó lors d'une réunion des chefs des diplomaties européennes à Bruxelles.

«En ce qui concerne l'Ukraine, la Hongrie n'a pas d'autres instruments que le blocage des projets européens, européens et euro-atlantiques de Kiev. En conséquence, la Hongrie ne soutiendra pas la tenue du sommet UE-Ukraine au niveau des ministres de la Défense ainsi que la tenue du sommet Otan-Ukraine cet été. La Hongrie les soutiendra seulement si l'Ukraine remplit les conditions prescrites et respecte ses obligations internationales », a-t-il indiqué.

Le ministre a également souligné que son pays ne changerait pas d'avis tant que Kiev ne modifierait sa loi sur l'éducation.

«L'Ukraine doit garantir que la loi qui porte atteinte aux droits des minorités ne sera mise en vigueur sous aucune forme dans les délais indiqués, que pendant cette période Kiev mènera des consultations avec la communauté hongroise [dans la région de Transcarpatie, ndlr.] et mettra en œuvre ce qui aura été convenu pendant ces consultations», a conclu le diplomate.

Kiev «poignarde l’Europe dans le dos», selon Budapest

D'après le texte voté en septembre dernier par la Rada, l'ukrainien devra, à partir de la rentrée 2018, être la langue dominante au collège et au lycée. Les autres langues, notamment le russe, le hongrois, le roumain ou le polonais, parlées par les minorités ethniques résidant sur le territoire du pays, seront réservées au cours d'histoire, de langue et de littérature.

Plusieurs pays européens ont émis des critiques à l'encontre de cette nouvelle loi. En signe de protestation, le Président roumain a annulé un déplacement officiel à Kiev prévu en octobre 2017, alors que la Hongrie a dénoncé un «coup de poignard dans le dos» et promis de ne plus soutenir l'Ukraine sur la scène internationale.

La Russie a pour sa part accusé Kiev de vouloir établir «un État unilingue dans un pays de fait multi-ethnique».

Discuter