Les Russes installés en France créent la surprise en plébiscitant largement Poutine

Les Russes de France ont créé la surprise. Si l’élection présidentielle de 2012 avait souligné un vote contestataire en faveur du candidat indépendant Mikhaïl Prokhorov. Cette année, la tendance s’est donc inversée. Vladimir Poutine devance de loin les autres candidats à Paris et en province. Contre-effet des attaques dirigées vers la Russie?
Sputnik

Les Russes de France basés à Paris ont massivement plébiscité Vladimir Poutine! Au total, ce sont 61% des votants qui ont donné leur voix au président sortant. Une véritable surprise comparée à la précédente élection présidentielle de 2012 où Vladimir Poutine avait été sèchement battu dans les urnes parisiennes par Mikhaïl Prokhorov. Le candidat indépendant avait alors obtenu 42% des suffrages contre 30% pour Vladimir Poutine (1608 voix contre 1151).

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Cette année, la tendance s'est inversée. La deuxième place est occupée par l'outsider Ksenia Sobtchak, candidate du Parti «Initiative civile» avec 16,7 % des suffrages exprimés (646 voix), elle n'a pas réussi à incarner une alternative crédible au président sortant. La troisième place, quant à elle, revient au candidat du parti communiste Pavel Groudinine avec 8,9 % des voix (346 votes). Les autres candidats se partageant les miettes. Grigori Iavlinski obtient 247 voix, Boris Titov — 74, Vladimir Jirinovski — 48, Sergueï Babourine — 29 et enfin Maxim Souraïkine — 16.

Les résultats du scrutin dans le reste de la France (Monaco compris) confirment la tendance observée dans la capitale. En 2012, 698 électeurs s'étaient mobilisés pour Mikhaïl Prokhorov (39,44 % contre 33,79%). Cette année Vladimir Poutine arrive en tête dans toutes les villes de province totalisant 65,59% des voix (1643), devançant de loin Ksenia Sobchak avec 14,37% (360 voix).

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Si l'élection présidentielle de 2012 avait vu fleurir un vote contestataire vis-à-vis du pouvoir en place. Cette élection de 2018 est le signe d'un vote patriotique. En effet, l'ombre du candidat contestataire Alexeï Navalny — le plus grand rival de Poutine désigné par les médias français — et son appel à l'abstention n'a pas eu l'impact escompté. Tout porte à croire que le boycott de certains électeurs a été compensé par une forte mobilisation. Et pour cause, la rhétorique musclée de l'Occident dans l'affaire Skripal, ou encore dans la décision de priver les athlètes russes des JO suite aux affaires de dopage, semble avoir alimenté ce vote patriotique, renforçant de fait le pouvoir de Vladimir Poutine. En 2012 à Londres par exemple, 27,7% avaient voté pour Vladimir Poutine, le pourcentage a quasiment doublé (51%) en 2018.

La participation à Paris est restée stable quant à elle avec 3.848 personnes qui se sont déplacées contre 3.830 en 2012. Néanmoins, le taux de participation en province a bondi de près de 41% (1.770 votants en 2012 contre 2.505 en 2018). A titre de comparaison, les élections législatives de 2016 n'avaient pas mobilisées les foules, seules 2.081 personnes s'étaient déplacées dans les urnes.

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