C'est dans un contexte de fortes tensions avec l'Occident, dû notamment à l'affaire Skripal —du nom de l'espion empoisonné, selon les Britanniques, par Moscou- que le Commandant suprême des forces alliées en Europe, le général américain Curtis Scaparrotti, a défendu devant le Sénat américain la menace que représentait la Russie en termes de cybersécurité.
Selon le général américain, la Russie est à l'origine de nombreuses attaques informatiques en Europe, des «activités déstabilisatrices, en deçà du niveau de conflit, dans le but d'affaiblir» les Européens. Et à l'entendre, sans les États-Unis, la Russie aurait déjà «déstabilisé tous ses opposants sans tirer un seul coup de fusil».
Accusée d'ingérence lors de plusieurs élections ou encore d'attaques informatiques —à l'image de la récente attaque contre le Bundestag-, Moscou est montrée comme la source unique d'instabilité sur le vieux continent. Raison pour laquelle le général Scaparrotti considère nécessaire d'établir «les limites à ce qui est acceptable».
Au-delà de la question de ce qui pourrait déclencher une cyberguerre, le fait que l'Otan travaille sur une définition pose la question de savoir si la réponse se fera uniquement sur l'espace cyber ou si elle pourra prendre la forme d'une réponse conventionnelle et donc bien réelle, cette fois-ci.
Autant de questions auxquelles l'Otan devra apporter des réponses.
La crédibilité de l'Alliance atlantique tient en grande partie à la menace que représente l'article V du Traité de l'alliance atlantique, qui suppose la solidarité de tous ses membres en cas d'attaque sur l'un d'eux. Et rien ne dit que les États membres se montreront solidaires d'un pays victime d'une cyberattaque dont l'origine serait improbable. Personne n'oserait s'engager dans un conflit qui pourrait dégénérer et passer de la sphère du cyber au réel contre la Russie.