Quelle issue pour les tensions russo-américaines?

Enfin une trace quelconque de véritables Russes dans l’enquête sur l’ingérence dans l’élection présidentielle américaine! Et de quoi les accuse-t-on? D’avoir fait un peu d’agitation sur les réseaux sociaux… Quel avenir pour cette enquête et pour les relations entre les deux pays? Le diplomate Claude Blanchemaison est l’invité du Désordre mondial.
Sputnik

Neuf mois après le début de son enquête sur la prétendue ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016, le procureur Robert Mueller semble finalement avoir trouvé la trace de vrais Russes. Alors que l'ancien directeur de la CIA James Woolsey a récemment admis que les États-Unis s'étaient eux-mêmes régulièrement ingérés dans les élections d'autres pays «mais pour la bonne cause», la justice américaine inculpe plusieurs citoyens russes. Signe de mauvais augure, ils sont au nombre de treize! On leur reproche d'avoir soutenu la candidature de Donald Trump contre Hillary Clinton sur les réseaux sociaux en créant de faux personnages pour se faire passer pour des ressortissants américains. Mais il reste toutefois à prouver que ce "trolling" a bien influencé le résultat de l'élection, ce qui n'a rien d'évident. Les relations russo-américaines pourront-elles sortir de cette hystérie?

Rachel Marsden reçoit Claude Blanchemaison, ancien ambassadeur de France en Russie et auteur de Vivre avec Poutine (Temporis, 2018).

Claude Blanchemaison note que «le procureur Mueller, en tout cas dans la partie publique de son enquête, n'indique aucun lien entre ces "trolls" et les gens qui faisaient la campagne de Donald Trump. Donc pour le moment, il n'incrimine pas son équipe. La justice américaine poursuit son enquête et on verra ce qui en sortira.» Néanmoins, «le problème ici, c'est que des gens avancent masqués. Dans une démocratie, la critique du pouvoir ou des candidats est ouverte, elle est tout à fait autorisée et même bienvenue, mais là où ça devient difficile, c'est lorsqu'on prend l'identité de quelqu'un d'autre. On pourrait aussi, dans ce cas-là, prendre l'identité du concurrent, ce qui fausserait complètement le débat.»

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