Dangers sous nos pieds: les catastrophes qui menacent l’humanité

Les chutes d’astéroïdes ou une guerre nucléaire ne sont pas les seules choses capables de détruire la vie sur Terre. Tout en évaluant les menaces venant du ciel ou les dangers posés par le développement industriel, il ne faut pas oublier ce qui se cache sous nos pieds…
Sputnik

Les causes potentielles de catastrophes qui menacent l’humanité ne sont pas toutes extraterrestres ou humaines, bien que les spéculations à ce sujet soient très populaires. Il y a des menaces globales qui grandissent littéralement sous nos pieds…

Dégradation du pergélisol

La disparition du pergélisol (portion du sol qui reste gelée toute l'année) n’annonce rien de bon pour l’humanité. On peut estimer les conséquences dangereuses de ce phénomène en étudiant le cratère de Batagaïka, situé dans la zone du pergélisol sibérien. Long d’un kilomètre et profond de 86 mètres, il ne cesse de s’agrandir. Les habitants l’appellent la«porte de l’enfer». D’après le chercheur Frank Günther et ses collègues de l’Alfred Wegener Institute de Potsdam (Allemagne) qui étudient le cratère depuis des années, le pergélisol contient une quantité énorme de matières organiques et notamment de carbone vieux de plusieurs milliers d’années. 

Le pergélisol en Iakoutie (Sakha)

Plus vite le pergélisol fond, plus de carbone se dégage dans l’atmosphère. Les bactéries qui le consomment commencent alors à produire plus de méthane et de dioxyde de carbone, augmentant le rythme de réchauffement climatique, a noté M.Günther cité par la BBC.

Outre ces conséquences connues, il faut se rappeler que la fonte du pergélisol conduira à un changement du relief, à des glissements de terrains. Cela risque d’endommager l’infrastructure, notamment des gazoducs russes vers l’Europe et d’endommager les bâtiments construits sur le pergélisol. Rappelons que le pergélisol couvre un cinquième de la surface terrestre dont 90% du Groenland, 80% de l'Alaska, 50% du Canada et de la Russie.

La dégradation du pergélisol en Russie
Selon Torsten Sachs, chercheur du German Research Geosciences Centre de Potsdam, cité par le site EarthChronicles.ru, le pergélisol «est un congélateur. Si on laisse ouverte la porte d’un congélateur, la pizza va pourrir, la glace fondre et il y aura beaucoup de bactéries».

Il y a environ 252 millions d'années, la fonte des glaces a été à l’origine de l’extinction massive du Permien-Trias. Environ 95% des espèces marines et plus de 70% des espèces vivant sur les continents ont disparu. C’était aussi la seule extinction massive connue d’insectes. Selon des études scientifiques, il a fallu entre 30 et 100 millions d'années pour que la biodiversité retrouve son niveau d'origine.

Selon une autre hypothèse, l’extinction permienne s’est produite en raison d’un manque d’oxygène dans l’océan qui aurait été provoquée par des fuites de méthane ou de souffre dans l’atmosphère.

Le méthane souterrain, une bombe climatique?

En 2014, une grande expédition internationale envoyée à la recherche des fuites de méthane découvertes par les scientifiques russes, a trouvé plus de 500 nouveaux lieux de fuites importantes de ce gaz à effet de serre dans l’Océan glacial arctique. Les chercheurs de 14 pays ont alors conclu que le pergélisol qui contenait le méthane n’était plus si stable qu’avant et que le «bouchon de glace» de plusieurs centaines de mètres de profondeur n’existait plus.

Arctique : des scientifiques découvrent des émanations de méthane
Mais il y a également des fuites de méthane sur le plateau continental, notamment en Sibérie. Ces dernières années, les émissions de méthane, un gaz à effet de serre, ont augmenté sur le plateau arctique de Sibérie orientale. Ce phénomène est lourd de conséquences.

La concentration de ce gaz dans le permafrost n'a jamais dépassé un certain niveau. Mais il a récemment grimpé d'environ 100 points et continue d’augmenter, phénomène qui survient pour la première fois depuis 800.000 ans, d’après une expédition organisée par l’Université polytechnique russe de Tomsk à l'automne 2016.

La libération de méthane et de CO2 entraînera un changement de la composition de l’air et un manque d’oxygène. Cela ne plaira pas à la plupart des organismes actuellement vivant sur Terre.

La libération d’hydrates de méthane favorise le réchauffement de l’atmosphère et accélère encore plus la fonte du pergélisol.

Pollution de l’atmosphère par le mercure contenu dans la glace

Mercure

Des chercheurs de l'Institut d'études géologiques des États-Unis ont récemment mis en garde contre une catastrophe mondiale qui pourrait être provoquée par la libération du mercure contenu en grande quantité dans le pergélisol. Selon leur étude citée par le Geophysical Research Letters, 793 millions de kilogrammes de mercure se sont accumulés dans le pergélisol de l'hémisphère nord, soit dix fois plus que le taux relevé dans l'environnement à la suite de l'activité humaine au cours des 30 dernières années.

Le monde est-il au bord d’une catastrophe naturelle?
La libération de mercure dans l’air entraînerait la formation d’un polluant, le méthylmercure, qui peut provoquer des convulsions, des paralysies spastiques, la cécité, la surdité et un retard du développement du cerveau chez l’homme. Absorbé par inhalation, par la peau et via l'intestin, le méthylmercure s’accumule dans les graisses et la chair de certains animaux aquatiques, ce qui représente un danger pour les hommes qui consomment ces animaux. 

Le méthylmercure a été au centre d’une catastrophe humaine qui a eu de graves conséquences sanitaires entre 1932 et 1966 au Japon. Pendant des décennies, des milliers d'habitants des pourtours de la baie de Minamata ont souffert d’une maladie qui a été baptisée maladie de Mianamata. En 1972, une épidémie catastrophique d'empoisonnement au méthylmercure a touché plusieurs zones rurales d'Irak. Ces épidémies ont été provoquées par l’activité de l’homme.

Supervolcans

Et comme si les fuites de substances nocives dans l’air n’étaient pas une menace suffisante pour l’humanité, il y a encore une vingtaine de supervolcans dormants. Un supervolcan est un volcan dont l'éruption pourrait provoquer des changements climatiques à l'échelle de notre planète. Ils entrent en activité tous les 100.000 ans environ.

Le réveil d’un supervolcan entraînera une baisse de température sur la planète de 5 à 10 degrés et le début d’un hiver volcanique. Les gaz sulfureux et la cendre atteindront l’atmosphère et couvriront le globe. Les rayons du Soleil ne pourront pas atteindre la Terre et les gaz transformés en acide sulfurique sous forme de précipitations toxiques couvriront la planète.

Le supervolcan le plus connu est celui du Yellowstone qui cache un gigantesque réservoir de carbone.

Des experts de la NASA estiment que l’éruption du supervolcan du parc de Yellowstone, aux États-Unis, entraînerait des conséquences plus dévastatrices que la chute d’un astéroïde.

Mais il y a aussi un supervolcan au Kamtchatka russe, qui a explosé il y a 1,5 million d'années, et un autre à proximité de Naples en Italie.

Le supervolcan caché dans la région des Campi Flegrei (Champs Phlégréens) inquiète les chercheurs. Cette zone volcanique, formée d’un immense cratère de 13 km montre des signes alarmants d’activité, d'après la revue Nature.

Il semblerait que le cratère, endormi depuis 1538, soit en train de se réveiller. Une éruption serait catastrophique pour l’ensemble de l’Europe et mettrait en péril les vies de 10 millions de personnes.

Il y a 39.000 ans, le volcan des champs Phlégréens a rendu inhabitable un tiers de l’Europe. Les centres et les pierres éjectés par le volcan ont couvert une superficie de 1,1 millions de kilomètres carrés de l’Italie du Sud à la mer Noire, du Donbass à la mer Caspienne. Une couche de cendres d’environ un mètre couvrait un grand territoire s’étendant jusqu’à la Roumanie. Les fragments de roches volcaniques dispersés dans la stratosphère ont empêché à la lumière solaire d’atteindre le sol, provoquant un refroidissement climatique. En 1538, le volcan de Naples a déversé plus de 40 kilomètres cubes de matériaux volcaniques. Les cendres ont été retrouvées jusqu’en Sibérie.

Il existe également un risque d’explosion d’un autre supervolcan dormant, le Mont Paektu, qui se trouve en Corée du Nord. En 2017, les scientifiques ont mis en garde contre le fait que le Mont Paektu puisse être réveillé pour une éruption potentiellement menaçante si Pyongyang continue de mener des essais nucléaires sur son site de test nucléaire de Punggye-ri.

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