«Corruption, crise économique», Thierry Coville explique les troubles en Iran

Mais que se passe-t-il actuellement en Iran? Pour décrypter la situation dans le pays après quelques semaines de manifestations, Rachel Marsden recevait Thierry Coville, économiste et spécialiste à l’IRIS de l’Iran.
Sputnik

Deux semaines de manifestations et de révoltes ininterrompues ont eu lieu récemment dans plusieurs villes moyennes de la République islamique. Alors que l'Iran s'affirme de plus en plus en politique étrangère comme le leader régional au détriment de l'Arabie Saoudite, le gouvernement d'Hassan Rohani suscite de nombreux mécontentements auprès des classes populaires.

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Thierry Coville économiste et spécialiste de l'Iran à l'IRIS, distingue deux causes différentes de ces manifestations. Premier facteur, l'économique et le social: «une partie des gens qui ont manifesté, ce sont les plus pauvres. Et puis il y a également, il y a également des gens qui n'ont jamais voté et qui sont touchés de plein fouet par une situation sociale difficile avec un taux de chômage élevé, qui est en réalité autour de 16-17 % […] et qui touche beaucoup les jeunes diplômés». Seconde cause, la corruption endémique: «la population veut des institutions publiques efficaces et surtout qui ne travaillent pas que pour des petits groupes proches du pouvoir».

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Le chercheur de l'IRIS considère qu'il existe dans la population iranienne, notamment chez les plus pauvres, une déception vis-à-vis de l'accord sur le nucléaire et la levée progressive des sanctions: «ce sont des gens qui ont beaucoup souffert notamment pendant la période des sanctions en 2012-2013 et même si la situation économique s'est améliorée avec la fin d'une partie des sanctions, les gens attendaient beaucoup plus.»

Thierry Coville réfute ainsi les accusations de Téhéran vis-à-vis des États-Unis, d'Israël et de l'Arabie saoudite: «non, on est habitué en Iran. En 2009, c'était pareil, c'est toujours l'étranger […] Les causes sont internes. D'ailleurs, on a des sons de cloche différents. Le président Rohani a dit "il est possible que quelques manifestants soient liés à l'étranger, mais la majorité des manifestants viennent et sont allés manifester à cause de problèmes sociaux et éventuellement politiques."

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