«Il existent deux raisons, deux mécanismes fondamentaux, qui ont cours à l'heure actuelle et qui jouent contre nous. Plus précisément, ils contribuent à la détérioration du patrimoine génétique de la population humaine, au moins, dans les pays développés, où le niveau de vie est plus ou moins élevé, mais aussi dans la majorité des pays», a notamment souligné l'interlocuteur de Sputnik.
La première raison, selon M.Markov, est l'affaiblissent de la sélection ciblant les mutations nocives.
«Auparavant, les gens atteints de maladies ou avec un mauvais état de santé décédaient dans la plupart des cas, et souvent dans leur enfance, lorsqu'ils étaient bébés […], et il y avait ainsi un "tri" des mutations défavorables.»
Au fil du temps, la situation a toutefois évolué, a indiqué M.Markov. Depuis la fin du XIXe et la première moitié du XXe siècles, une véritable révolution a eu lieu qui a été notamment marquée par l'apparition de la sécurité sociale, des antibiotiques, des pensions d'invalidité ou par les avancées de la médecine.
«Ainsi, le taux de mortalité infantile a presque atteint zéro. Cela veut dire que tout le monde survit, et, en conséquence, la sélection ne fonctionne presque pas. Bien entendu, elle se produit, mais aux stades embryonnaires, et cela, probablement, ne suffit pas, parce que de nombreux effets de mutations nocives apparaissent plus tard», a expliqué le biologiste.
Comme le souligne l'interlocuteur de Sputnik, il s'agit donc d'une «mutagénèse importante».
«C'est-à-dire que des mutations nocives s'accumulent de génération en génération. Apparemment, notre patrimoine génétique va se dégrader très rapidement. Tout simplement à cause de l'affaiblissement de la sélection.»
Alexandre Markov a précisé qu'en moyenne 70 nouvelles mutations étaient identifiées chez chaque nouveau-né aujourd'hui, et cela en tenant compte qu'elles n'avaient pas été observées chez leurs parents. D'après le spécialiste, même si les chercheurs n'arrivent pas pour le moment à détecter lesquelles sont nocives, il s'agit toutefois d'un «nombre colossale».
«Ces études, de haute qualité et d'envergure, ont démontré que la situation était même pire. Non seulement des allèles nocifs, des variations génétiques nocives s'accumulent librement, mais, ce qui est pire est qu'elles sont soutenues par la sélection, elles permettent aux gens de se reproduire dans le contexte actuel. Ces gènes, que nous qualifions de nocifs, et qui, par exemple, réduisent notre intelligence, se propagent», a indiqué l'interlocuteur de Sputnik.
Il a ainsi résumé que «du point de vue évolutionnaire et génétique, les choses ne vont pas très bien pour l'humanité actuellement».