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Quand "les Français découvraient l’affreuse réalité de la guerre d’Algérie"

Quand «les Français découvraient l’affreuse réalité de la guerre d’Algérie»
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Il y a 61 ans, la répression la plus meurtrière en Europe de l’Ouest après la Seconde Guerre mondiale avait lieu. Une arrestation brutale de 12.000 Algériens à Paris provoquait des centaines de morts. L'Afrique en marche reçoit deux historiens pour se souvenir de cette tragédie et de son poids mémoriel.
Le 17 octobre 1961, à Paris, des Algériens étaient tués par balle et des dizaines d’autres jetés dans la Seine par la police française. Cela est arrivé lors d'une manifestation contre le couvre-feu imposé aux ressortissants d’origine maghrébine. Une mesure mise en place vers la fin de la guerre d'Algérie. Ces violences avaient lieu dans la plupart des endroits de Paris et de banlieue où des rassemblements étaient dispersés. Il a fallu attendre jusqu’en octobre 2021 pour que soit reconnu officiellement pour la première fois que "près de 12.000 Algériens furent arrêtés et transférés dans des centres de tri".
Certains témoins interviewés 30 ou 40 ans après les faits ont fait savoir que des pompiers, des machinistes de la RATP mais aussi de simples passants prêtaient main forte aux agents de police dans cette tragédie. Bien que des Parisiens aient tenté également de faciliter la fuite d’Algériens pourchassés par les forces de l’ordre, ces événements ont jusqu'à nos jours marqués les relations algéro-françaises postcoloniales.
À l’occasion du 61e anniversaire de la commémoration de ces événements, L'Afrique en marche de radio Sputnik Afrique a interrogé deux historiens, un algérien et un français, pour évoquer ce drame qui empoisonne encore les mémoires populaires des deux côtés de la Méditerranée.

"Il y avait un racisme structurel" envers les Maghrébins

Ainsi, pour le Pr Belaïd Abane, auteur algérien de plusieurs essais sur le mouvement national algérien et la révolution algérienne, le 17 octobre 1961 était "le jour où les Français de la métropole découvrirent pour la première fois l’affreuse réalité de la guerre d’Algérie" restée une abstraction pendant les six premières années de la guerre.
M.Abane souligne que "le système colonial ne considérait pas les Algériens comme des êtres humains normaux, comme égaux". "Il y avait un racisme structurel ancré dans le national-colonialisme français de l’époque", ajoute-t-il.

Une tentative d’affaiblir la Fédération de France

De son côté, Youssef Girard, historien français de la guerre d'Algérie, explique au micro de Sputnik Afrique que les autorités françaises avaient cherché à affaiblir la Fédération de France du Front de Libération Nationale (FLN), en imposant ledit couvre-feu discriminatoire.
"Les événements du 17 octobre 1961 ont provoqué l’effet inverse attendu par la loi du couvre-feu. Au-delà de ces événements, des dossiers pratiques minent encore les relations entre les deux pays: la restitution des archives, notamment de la période ottomane, la question des disparus, les essais nucléaires dans le Sahara et enfin la restitution des crânes des résistants algériens. La résolution de ces questions est un impératif catégorique pour la construction d’une relation apaisée basée sur la confiance mutuelle", souligne-t-il.
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