Lignes rouges et diplomatie: ce que Poutine et Biden se sont dit en visio

© AFP 2022 Pavel Golovkin, Eric BARADAT / AFP / POOLJoe Biden et Vladimir Poutine
Joe Biden et Vladimir Poutine - Sputnik Afrique, 1920, 12.12.2021
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Les Présidents russe et américain ont évoqué, au cours d'un récent entretien par visio, de nombreux dossiers, avant tout la situation de l’Ukraine. Vladimir Poutine a également promis à Joe Biden une rencontre, "obligatoirement", lorsque son interlocuteur a déclaré regretter de ne pas avoir pu le voir au sommet du G20.
Lors de négociations en visioconférence avec Joe Biden, Vladimir Poutine lui a promis une rencontre. Un extrait de leur conversation a été diffusé lors d’une émission sur la chaîne russe Rossiya 1.
"Nous nous verrons obligatoirement", a-t-il promis.
Il a fait cette remarque alors que son interlocuteur formulait son regret de ne pas avoir eu d’entretien lors du sommet du G20 à Rome. Le chef de l’État russe avait alors pris la parole en visio.
Pourtant, le porte-parole du Président, Dmitri Peskov, invité de l’émission, a précisé que l’heure d’un tête-à-tête en présentiel entre les deux hommes n’était pas encore venue.
"Un face-à-face est une affaire d'avenir. Il est encore trop tôt pour en parler", a-t-il nuancé.

L’Ukraine au cœur de l’entretien

Les Présidents se sont penchés notamment sur les relations bilatérales, la cybersécurité et le nucléaire iranien, mais leur entretien a été dominé par le dossier ukrainien. Concernant la situation de ce pays, Joe Biden a affirmé qu’en cas d’invasion, la Russie serait isolée financièrement, a poursuivi Dmitri Peskov, ajoutant que "les Américains semblaient croire eux-mêmes que [l’invasion, ndlr] ce n’est pas une fausse information, mais la vérité pure".
Selon lui, Vladimir Poutine et Joe Biden ont convenu "de nommer, très prochainement, des représentants pour poursuivre une conversation concrète sur la situation conflictuelle existant actuellement en Europe autour de l'Ukraine".
"Les Présidents se sont entendus que, une fois que ces représentants auront fait leur travail, ils devraient encore une fois se parler, recourant éventuellement au même format vidéo,qui leur a plu".
La Maison-Blanche a indiqué pour sa part dans un communiqué publié le jour même des négociations que Joe Biden avait "réitère son soutien à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine et appelé à une désescalade et au recours à la diplomatie".
Vladimir Poutine a tenu pour sa part à rappeler que les troupes russes stationnaient en Russie.
"Vous parlez de nos troupes qui se trouvent en territoire russe et qui ne menacent personne. Dans le même temps, vous en parlez alors que vous êtes à 1.000 kilomètres de notre territoire", a dit le Président russe à son homologue. Son porte-parole a ajouté que l’Europe était "notre maison commune", alors que "les Américains se trouvaient outre-Atlantique".
"C’est fait pour diaboliser davantage la Russie", a-t-il conclu.

Ukraine et "lignes rouges"

Évoquant le sujet des "lignes rouges" que Biden a précédemment dit ne pas accepter, le porte-parole du Kremlin a constaté que c’était "un désaccord très sérieux entre la Russie et les États-Unis".
Les relations entre la Russie et l’Otan se sont sérieusement dégradées après de multiples expulsions de diplomates russes de l’Organisation, ce qui a finalement mis fin au dialogue officiel entre Moscou et l’Alliance. Ces dernières semaines, la tension est montée d’un cran en mer Noire, où la Marine américaine dépêche régulièrement des bâtiments de guerre, ce qui est perçu par Moscou comme une politique de dissuasion.
La Russie a plus d’une fois indiqué qu’elle n’avait aucune intention d’envahir l’Ukraine et que ces déclarations ne sont qu’un prétexte pour l’Otan pour avancer toujours plus à l’est et concentrer davantage d'équipements militaires à ses frontières.Vladimir Poutine a annoncé que pour Moscou le déploiement d'armes en Ukraine marquerait une "ligne rouge", car il présentera une menace pour sa sécurité. Le ministère des Affaires étrangères a noté de son côté que l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan serait également une "ligne rouge".
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