Les Argentins appelés aux urnes pour élire la moitié de la Chambre des députés et le tiers du Sénat

© AFP 2022 FRANCK FIFE Buenos-Aires
Buenos-Aires - Sputnik Afrique, 1920, 14.11.2021
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Plus de 34 millions d’électeurs argentins, sur une population totale de 45 millions d’âmes, sont appelés aux urnes ce dimanche 14 novembre pour élire 127 députés et 24 sénateurs, ce qui correspond au renouvellement de 50% de la Chambre basse et du tiers de la Chambre haute du congrès.
Plus de 400.000 Argentins établis à l’étranger participent au vote, soit plus d'électeurs que dans certaines régions du pays.
Ce scrutin législatif de mi-mandat est perçu comme un moment politique crucial pour le gouvernement en place, conduit par le Président Alberto Fernandez et soutenu par une coalition de centre-gauche sous la bannière du mouvement péroniste (Le Front de Tous).
En septembre dernier, cette coalition a subi une défaite amère à l’occasion des élections primaires qui permettent à chaque coalition de choisir ses candidats officiels pour les législatives. L’opposition était alors arrivée en tête du scrutin et avait battu la majorité dans 17 des 24 entités régionales du pays, avec un écart de 10 points.
Le scrutin de ce dimanche survient également au milieu d’une crise économique marquée par une inflation galopante, un taux de pauvreté de plus en plus pesant et une crise inextricable de la dette extérieure.
La crise économique, couplée à la crise sanitaire due au Covid, en plus d’un malaise perceptible au sein de la coalition majoritaire laisse peu de chance au "Front de Tous" pour remporter ces législatives, selon les derniers sondages, qui pronostiquent un scénario bis des primaires.
L’enjeu principal pour le gouvernement est de se voir perdre le contrôle du congrès, ce qui risque de compromettre la mise en œuvre de ses politiques sociales sans la nécessité de composer avec l’opposition.
De l’avis des analystes, le remaniement ministériel réalisé au forceps au lendemain de la défaite aux primaires -avec notamment l’arrivée à la tête de l’exécutif de Juan Manzur-, peine à redresser la barre.
L’opposition du centre-droit réunie au sein de la coalition "Ensemble pour le changement", qui a obtenu 4 votes sur 10 lors des primaires, se positionne comme une alternative pour résoudre les grands problèmes économiques et sociaux du pays.
Dans sa campagne électorale, elle reproche au gouvernement sa mauvaise gestion de la pandémie et son approche sociale qui consiste à distribuer massivement des aides sociales sans se soucier de la création d’emplois et de richesses.
L’analyste politique et directeur du groupe Opinion Publica, Raul Timmerman, a estimé dans une récente discussion avec l’association des correspondants étrangers à Buenos Aires, que la coalition au pouvoir lançait déjà "une demande de dialogue" pour le 15 novembre.

Petites formations

Deux autres petites formations, placées aux extrémités de l'échiquier politique, se disputent les votes ce dimanche avec des chances appréciables de remporter des sièges au Congrès.
Il s'agit de "Avanza Libertad" de Javier Milei, un outsider qui a bousculé la scène politique avec son positionnement en faveur de la libéralisation du port d'armes, la suppression de la Banque Centrale, l'interdiction de l'avortement et la contestation du changement climatique.
L'autre coalition en course est "Frente de Izquierda" (Front de Gauche) qui ambitionne d'arriver en troisième position de ce scrutin.
Quel que soit le vainqueur de ce dimanche, les regards seront braqués à partir de lundi sur la prochaine échéance, à savoir la présidentielle de 2023 qui sera décisive pour le pays. Soit elle débouchera sur l’octroi d’un deuxième mandat au Président Fernandez et au péronisme, ou au contraire, elle ouvrira la voie du retour du centre-droit aux affaires.
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