"Il faut un New Deal pour la santé" qui traverse une crise, alerte le président de la FHF

© SputnikManifestation des soignants à Paris à côté du ministère de la Santé, le 21 janvier 2021
Manifestation des soignants à Paris à côté du ministère de la Santé, le 21 janvier 2021 - Sputnik Afrique, 1920, 07.11.2021
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Jugeant que le secteur de santé "ne peut plus se contenter de demi-mesures ou de demi-rebouchages", le président du conseil de direction de la Fédération hospitalière de France Frédéric Valletoux veut un New Deal pour le prochain quinquennat. Pour "un plan massif d’embauches" et assurer l’"accès aux soins pour tous et à toute heure".
Malgré l’"un des meilleurs taux de couverture vaccinale au monde" dans le pays, le président de la Fédération hospitalière de France (FHF) Frédéric Valletoux tire la sonnette d’alarme sur la situation dans les hôpitaux dans les colonnes du Journal du dimanche (JDD).
Risquant d’être impactés "encore plus mal" par une prochaine vague de coronavirus, les hôpitaux ont besoin d’un important plan d’action, surtout alors que le pays se trouve au seuil de la présidentielle, juge M.Valletoux.
Alors que les hôpitaux avaient "déjà été fragilisés" avant que la crise n’explose au printemps 2020, la sursollicitation pendant l’épidémie a "épuisé les équipes", "bousculé les calendriers de congés, l’organisation".
"Au total, 6% des lits sont fermés", a précisé le président de la FHF, contestant ainsi le chiffre de 20% diffusé il y a quelques jours dans une enquête du Conseil scientifique et du Comité consultatif national d’éthique.
"Le phénomène affecte surtout l'Île-de-France, le Grand Est, la Bourgogne-Franche Comté et les Pays de la Loire", ajoute-t-il.
"Le bouclier sanitaire craque"
Éprouvant "de profondes angoisses", les équipes "s’interrogent sur le sens de leur mission", poursuit le président de la FHF.
"On va encore perdre 4.000 praticiens dans les quatre prochaines années. C'est énorme! Tout cela rejaillit sur les hôpitaux qui ont pris en charge 83% des personnes gravement atteintes du Covid. Il n'est pas étonnant que ce bouclier sanitaire craque aujourd’hui", déplore-t-il encore auprès du JDD.
Si "le Ségur de la santé a permis de changer de braquet en prévoyant une hausse de 10% du budget des hôpitaux", "tout n'est pas qu'une question d’argent", assure M.Valletoux.
"On ne peut plus se contenter de demi-mesures ou de demi-rebouchages. […] Le système, inventé voilà 30 ans, prend l'eau. Il doit être repensé."
"Moment de vérité"
Au premier tour de la présidentielle, attendu deux ans après le début de l’épidémie, "aucun candidat ne pourra faire l’impasse sur sa vision en la matière", estime par ailleurs le président de la FHF.
"Nous sommes à un moment de vérité. […] Le système de santé mérite un grand récit. Le 17 mars, soit deux ans après le début du premier confinement, nous recevrons d'ailleurs tous les prétendants à l'Élysée. Il faut un New Deal pour la santé. Sinon, le système va continuer à se déliter, les personnels à quitter leur métier."
Il a ainsi proposé trois mesures qu’il juge nécessaires dans le secteur de la santé pour le prochain quinquennat, "un paquebot lourd qui ne peut pas changer de cap en quelques mois".
"Un plan massif d’embauches et de formation à l'hôpital: 25.000 infirmières et aides-soignantes de plus, 100.000 personnes supplémentaires dans les Ehpad", lance-t-il en ajoutant: "Ensuite, il faut nous donner de la visibilité en adoptant une loi de programmation pour la santé et l’autonomie."
Il a ensuite insisté auprès du même hebdomadaire sur la nécessité "d’organiser avec les professionnels de santé un pacte d'accès aux soins pour tous et à toute heure".
Ce que proposent certains candidats
Si elle est élue Présidente de la République, Anne Hidalgo a annoncé vouloir faire du secteur de la santé mentale une "grande cause" de son mandat, mais aussi empêcher la fermeture de 5.700 lits d’hôpital.
Candidate à la primaire des Républicains en vue de la prochaine présidentielle, Valérie Pécresse a proposé, dans le cadre de son déplacement à Laval, quelques solutions pour lutter contre la désertification médicale:

"Supprimer le numerus clausus pour former plus de jeunes médecins, [soit] donner des points bonus à l’examen des étudiants qui souhaitent s’installer dans les territoires carencés. Il faut aussi permettre aux infirmières de réaliser certains actes, comme les médecins. C’est quand même fou qu’une infirmière ne puisse pas prescrire une boîte de Doliprane."

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