Pour éviter "l’effondrement" des frontières face aux migrants, Berlin propose des mesures à Varsovie

© REUTERS / Michaela RehleUn mot clé pour éviter les agressions sexuelles en Allemagne
Un mot clé pour éviter les agressions sexuelles en Allemagne - Sputnik Afrique, 1920, 21.10.2021
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Après que la police allemande a averti d’un possible "effondrement des infrastructures de sécurité" à cause du nombre de clandestins qui traversent la frontière biélorusso-polonaise pour aller ensuite en Allemagne, Berlin a proposé à Varsovie de mettre en place des patrouilles conjointes sur leur frontière commune.
Le ministre allemand de l'Intérieur, Horst Seehofer, a confirmé mercredi 20 octobre qu'il avait fait une proposition à la Pologne pour organiser des patrouilles frontalières conjointes pour contrer l'afflux de réfugiés vers l’Allemagne via la Biélorussie.
"Nous soutenons le gouvernement polonais dans la lutte contre les migrations illégales à la frontière avec la Biélorussie ou la Lettonie et la Lituanie. J'ai suggéré à mes collègues [lors d'une réunion du cabinet des ministres allemand, ndlr] que nous, avec nos collègues polonais, effectuions des patrouilles conjointes sur le territoire polonais. Pas à la frontière de la Pologne avec la Biélorussie, mais à notre frontière commune", a-t-il déclaré, cité par l’agence DPA.
Le ministre a souligné que si, pendant la majeure partie de l'année, environ 200 à 300 personnes par jour traversaient la frontière allemande, au cours des dernières semaines leur nombre a triplé voire quadruplé. Ainsi, 925 demandeurs d'asile ont été enregistrés lundi.
"Si de telles situations ne sont pas traitées politiquement, les chiffres continueront de croître activement", a souligné M.Seehofer avant d’ajouter que l’Allemagne doit "éviter cela à tout prix".
La police allemande préoccupée
D’après Bild, le ministre de l’Intérieur a réagi ainsi à la lettre du syndicat de la police fédérale qui lui demandait "l’introduction de contrôles temporaires aux frontières avec la Pologne", le seul moyen d’empêcher une répétition de la crise de 2015.
Dans la lettre, citée par Bild, le président du syndicat Heiko Teggatz constatait entre autres que le nombre d'arrestations à la frontière a augmenté "de manière quasi explosive" depuis plusieurs mois et que le nombre d’entrées non autorisées à la frontière avec la Pologne correspondait aux chiffres enregistrés à la frontière autrichienne en 2013. La situation avait alors atteint "son triste paroxysme" en 2015, lorsque "l'effondrement de l'architecture sécuritaire à la frontière" a entraîné "l'entrée incontrôlée de migrants en Allemagne".
La Pologne double ses forces à la frontière biélorusse
Mardi 19 octobre, la Défense polonaise a annoncé avoir déployé 6.000 de ses soldats le long de la frontière avec la Biélorussie, alors que samedi Varsovie parlait de 3.000 soldats présents dans la zone.
Pour rappel, Varsovie et Bruxelles accusent le Président biélorusse Alexandre Loukachenko d'orchestrer des passages de clandestins vers la Pologne et les pays baltes, ce que Minsk dément.
Plus tôt, Bild avait annoncé que les autorités allemandes enquêtaient sur l’implication présumée d’Alexandre Loukachenko dans l’affaire. Le quotidien allemand écrit que, selon Berlin, Minsk cherche ainsi à obtenir la levée des sanctions européennes.
Le Président biélorusse avait précédemment promis que Minsk cesserait d’empêcher le transit de clandestins et le transfert de drogue vers l’Union européenne, accusant Bruxelles d’avoir déclenché "une guerre hybride" contre son pays.
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