Darmanin tacle Le Pen sur son idée de référendum sur l’immigration, sans rien proposer derrière

© AFP 2022 JEAN-FRANCOIS MONIERGérald Darmanin
Gérald Darmanin - Sputnik Afrique, 1920, 29.09.2021
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Alors que la France est déterminée à réduire le nombre de visas octroyés à la Tunisie, l’Algérie et au Maroc, Gérald Darmanin s’attaque vivement à l’idée de Marine Le Pen d’organiser un référendum de "maîtrise" de l’immigration. "Il y a une différence entre écrire des livres, être polémiste et avoir l’exercice concret du pouvoir", juge-t-il.
Sollicité ce 29 septembre par Jean-Jacques Bourdin sur la volonté de Marine Le Pen d’inscrire dans la Constitution la "maîtrise" des flux migratoires, Gérald Darmanin a jugé qu’elle "rest[ait] sur ses vieilles lunes".
D’après le ministre de l’Intérieur, il est possible d’organiser des référendums sur "plein de choses, mais en faire un sur l’immigration c'est comme si vous faisiez un référendum sur le beau temps ou le chômage".
"Sur le principe, on peut être d'accord de maîtriser son immigration, mais c'est beaucoup plus compliqué lorsqu'on est en responsabilité. La différence avec Madame Le Pen, c'est que nous acceptons de travailler sous contrainte, sans s'asseoir sur l'Europe ou les traités internationaux", a-t-il estimé.
"Il y a une différence entre écrire des livres, être polémiste et avoir l’exercice concret du pouvoir", a-t-il ensuite expliqué devant le journaliste.
Questionné sur cette référence qui peut sembler paradoxale au sujet de la présidente du Rassemblement national, le ministre de l’Intérieur a répondu sans hésiter:
"À Marine Le Pen. Elle écrit des livres, elle est polémiste."
Une référence à Zemmour?
Or, cette remarque pourrait également relever d’une pique envers le journaliste Éric Zemmour, au cœur des débats ces derniers mois, surtout sur la question de l’immigration. Alors qu’il fait persister le suspens quant à ses véritables intentions présidentielles, l’essayiste a sorti son livre "La France n’a pas dit son dernier mot" et a entre autres fait savoir qu’il souhaitait interdire les prénoms étrangers s’il devenait Président.
Le 28 septembre, ce sujet a même été mentionné par Emmanuel Macron, qui, en visite au site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France (BnF), a lancé, sans toutefois nommer Éric Zemmour:
"Nous nous posons souvent dans le débat politique la question de notre identité. Mais notre identité ne s'est jamais bâtie ni sur le rétrécissement […], ni [sur] des prénoms, ni [sur] des formes de crispation."
Réduction de visas
Ce débat intervient au moment où la France a décidé de réduire considérablement le nombre de visas accordés aux citoyens marocains, algériens et tunisiens. Pour justifier cette mesure "drastique" et "inédite", le porte-parole du gouvernement a pointé le fait que ces trois États maghrébins "n'acceptent pas de reprendre des ressortissants que nous ne souhaitons pas et ne pouvons pas garder en France".
Face à Jean-Jacques Bourdin, le ministre de l’Intérieur a ensuite dessiné un scénario d’expulsion improbable:
"Imaginons que j’expulse, sans le dire à l’Algérie, à la Tunisie, au Maroc, des citoyens de leur pays. Je les mets dans un avion, je les fais décoller, je les fais atterrir de force, je fais descendre de force, et après on referme vite l’avion et on s’en va, ce n’est pas sérieux."
Tant qu’il est question de "relations diplomatiques", Gérald Darmanin considère que les choses sont plus difficiles, tout comme dans l’exercice du pouvoir, et les Français sont là "pour juger si on a été bon ou pas bon".
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